L'analyse de JF Gilles

  -  Les commentaires de nos équipes

Un choc sans précédent

06 avril 2020

Ces deux dernières semaines le confinement s’est répandu à travers le monde entier. La mesure de ses répercussions sur la croissance économique est difficile tant sont nombreuses les inconnues : une seule certitude le déclin de l’activité est sans précédent depuis la seconde guerre mondiale et la plupart de nos économies seront en récession en 2020, notamment le monde développé dans son ensemble.

Notre analyse à aujourd’hui est d’une part que les révisions à la baisse des perspectives de croissance pour 2020 ne sont pas terminées mais aussi que d’autre part la vigueur et la forme du rebond qui suivra cette séquence est incertaine. De la réussite des plans de relance qui seront mis en place dépendra la vitesse et l’ampleur de la reprise.

Il est souvent question dans les inquiétudes que vous nous transmettez de l’explosion des déficits. Pour rappel, un déficit ou un endettement élevé n’empêche pas les économies de vivre et de prospérer. Le déficit budgétaire américain de 1943 à 1945 était de 26%, 21% et 20%. Et les taux d’intérêt étaient alors bien plus élevés qu’aujourd’hui. Le tout est que ces déficits produisent de la croissance. 

Plutôt grosse Bertha que Bazooka

30 mars 2020

Le G20 a dans son communiqué final indiqué que plus de 5 trillions $ seraient injectés dans l’économie globale. Ce montant impressionnant s’ajoute aux initiatives nationales. En ces temps d’urgence sanitaire les leaders des grandes puissances semblent écarter leurs récents conflits commerciaux.

Et depuis le 15 mars 32 des 39 principales banques centrales ont baissé leurs taux directeurs. Toutes les banques centrales des pays du G5 ont amplifié leurs assouplissements quantitatifs et leurs gouvernements ont décidé  de stimuli fiscaux allant de 5% (Allemagne) à 9,2% (États-Unis) de leurs PIB.

Ceci a entraîné une baisse généralisée des taux longs des pays du G7 et un aplatissement général des courbes de taux ; Par contre les émergents n’ont pas eu d’autre solution que de monter leurs taux pour enrayer la chute de leurs devises.

Devant l’action de la BCE on avait parlé de bazooka, là il s’agit carrément de grosse Bertha.

Mode panique

16 mars 2020

Les marchés financiers de l’Eurozone sont cette semaine passés d’une situation horrible à un état désastreux tandis que le coronavirus se diffusait rapidement dans la région.

Jeudi, les bourses européennes ont connu leur pire séance depuis plus de 30 ans, l’Italie étant le pays le plus affecté tant par l’épidémie que par la chute de la Bolsa Italianna.

New-York a vendredi enregistré ce qui semble être la reconnaissance par Donald Trump de la gravité de la situation et Wall Street a fortement rebondi.

La BCE restaure sa crédibilité

23 mars 2020

Le Covid 19 qui détruit vies et modes de vie dans le monde entier a fait aussi plus subtilement une autre victime : les tabous de la pensée économique conventionnelle.

Des propositions qui, il y a une semaine, apparaissaient radicales semblent aujourd’hui timides. Des mesures fiscales plus fortes que toutes celles vues dans le passé sont considérées comme trop faibles seulement quelques jours après avoir été annoncées.

Désormais les gouvernements ne doivent plus s’inquiéter des déficits à court terme car ils font face à une situation de guerre sanitaire.

Les événements s’enchaînent très rapidement et les raisonnements suivent.

Ainsi les idées qui étaient défendues par un petit nombre de théoriciens marginaux occupent désormais le centre de la scène. La plus importante est celle que les Américains appellent « helicopter money », imprimer des billets et les distribuer à tous. Ceci se traduit par l’idée que personne ne doit perdre son emploi ou ses revenus à cause du virus.

En conséquence, nous devons accepter des déficits budgétaires de la taille de ceux de 2009.