L'analyse de JF Gilles

  -  Les commentaires de nos équipes

La macro rebondit Le nombre de contaminations aussi

29 juin 2020

La reprise est en cours mais l’augmentation du nombre de cas de contamination, en particulier aux États-Unis, fait trébucher les bourses.

La reprise économique, le rebond des marchés ne seront donc pas linéaires : c’est le contraire qui eut été une surprise.

Les nouvelles commandes de l’indice PMI de l’Eurozone pour juin rebondissent de 16 pts en juin à 46 vs 30, l’amenant 32 pts au-dessus de son creux d’avril et les nouvelles commandes pour le PMI des États-Unis, à 49, sont 22 pts au-dessus de leur creux d’avril.

Dans le même temps, sur le plan sanitaire, les chiffres américains continuent à se détériorer : la moyenne 7 jours des nouveaux cas vient de passer de 21K à la mi juin à 32k aujourd’hui et le ratio de cas positifs a augmenté de 4 à presque 7%. La situation s’est donc dégradée même ajustée du nombre de tests pratiqués.

En dépit du risque réel que représente la pandémie, notre analyse est que le bull market va continuer car les politiques de soutien n’ont pas encore commencé à donner leur pleine mesure. Le rattrapage nécessaire pour revenir au niveau d’activité standard va permettre à la croissance pendant quelques trimestres une expansion au-delà de la croissance potentielle de long terme une fois la confiance restaurée, mais celle-ci, compte tenu de la résurgence ici et là du virus, pourrait être en sauts de puces. 

Nous pensons que gouvernements et banquiers centraux, y compris Jerome Powell le patron de la Fed, sont plus inquiets de ne pas stimuler assez plutôt que de trop stimuler.

Entre une amélioration des données économiques et le risque de diffusion de la pandémie

22 juin 2020

Californie, Texas, Floride, Brésil, Mexique, Inde et peut-être Chine : la pandémie Covid 19 n’est pas maîtrisée. Elle touche de nouvelles zones et menace de repartir là où le déconfinement a été trop rapide.

Face à cette crainte, les marchés prennent note d’un rebond de l’activité dans les premières semaines ou mois de déconfinement plus vif qu’attendu. Ceci concerne aussi bien la Chine que les États-Unis ou la France. Avec à la clé les premières révisions à la hausse des prévisions de croissance 2020 dans ces pays.

La mesure du risque de seconde vague reste centrale pour les marchés et il est hélas probable que nous n’aurons pas rapidement de visibilité sur ce point.

Par contre la semaine prochaine verra la publication des PMI pour le mois de juin et leur progression est attendue pour conforter la bonne tenue récente des bourses.

Bonnes nouvelles

08 juin 2020

La série des publications économiques de la semaine, chacune un peu meilleure qu’attendue, s’est terminée en apothéose vendredi avec l’énorme surprise qu’a constitué le rapport mensuel sur l’emploi américain du mois de mai. Les économistes prévoyaient la destruction de 8 000k postes de travail et 2 509k ont été créés, le taux de chômage devait s’élever de 14,7% en avril à 19,5% en mai et il redescend à 13,3%.

Il ne s’agit pas de gloser sur les erreurs d’analyse des uns ou des autres mais plutôt de comprendre les uns, les autres et les marchés.

Dans ces territoires inconnus il apparaît aujourd’hui que les prévisionnistes ont basculé du côté prudent car il est probable qu’un optimisme excessif leur aurait été sévèrement reproché.

La réalité semble cependant plus favorable, les marchés en tiennent d’autant plus compte qu’ils pensent maintenant que c’est l’ensemble des prévisions, macro et micro, qui pêchent dans le même sens pour les trimestres à venir.

Retour d’incertitudes

15 juin 2020

Pas de quoi s’étonner : après le record du S&P le 20 février, la diffusion du virus en occident et le confinement qui en a résulté ont entraîné une chute de 35,41% à 2 191 points le 20 mars, progressivement ensuite l’espoir que la récession soit de courte durée et qu’il n’y ait pas de seconde vague ont causé une remontée à 3 232 points le 8 juin, une hausse de 47,48%. C’est à cette aune qu’il faut mesurer le recul de 5,91% entre le 8 et le 12 juin : modeste correction au regard du rebond précédent.

Elle a été causée par le retour de l’incertitude.

Sanitaire en tête, la situation aux États-Unis est moins maîtrisée qu’espéré et la pandémie se répand rapidement dans de nombreux pays émergents, Brésil et Amérique Latine, mais aussi Inde et des craintes apparaissent sur le continent africain.

Economique ensuite. Certes la situation se redresse au fur et à mesure du déconfinement mais le retour à la vie économique d’avant sera long.

Retour prudent de la confiance

01 juin 2020

Cette semaine a marqué une nouvelle étape dans la restauration progressive de la confiance dont la hausse des marchés a été la démonstration.

La première raison, indispensable pour que le processus de reprise puisse se dérouler, est l’absence de rechute, de seconde vague de la pandémie dans les pays en déconfinement depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois comme la Chine.

Ce fait permet le redressement des indicateurs allemands (ZEW, IFO), américain (Conference Board, Université du Michigan) et français (INSEE) ou leur recul dans des proportions bien moindres qu’attendu.

En Europe, la proposition de la Commission Européenne, qui reste à être négociée et approuvée par les états, est une étape très importante, par son montant (750MMM contre 500 attendus) et plus encore parce qu’elle porte les espoirs d’une plus forte intégration et d’une solidarité fiscale et budgétaire.