Espoir

  -  Les commentaires de nos équipes

08 mai 2017

Rubrique : L'analyse de Jean-François Gilles

Un soulagement : la défaite du front National pour notre avenir commun et pour la place de la France dans le monde.

Et un espoir, comme à chaque élection présidentielle, celle qui voit Emmanuel Macron prendre la tête de la France pour cinq ans permet d’espérer que quelques mesures de son programme seront prises qui renforceront l’économie française et stimuleront le dynamisme de nos entreprises, leur permettront de mieux affronter la compétition internationale, même si l’expérience du passé nous incite à voir avant de croire.

Le volet fiscalité de son programme, qui d’après ses indications, fera partie intégrante des projets de loi de finances et du financement de la Sécurité Sociale, devrait être discuté dès l’automne. C’est dans ce cadre que doit s’engager le mouvement de baisse de l’impôt sur les sociétés qu’il veut et ramener progressivement de 33% aujourd’hui à 25%, la moyenne européenne, ainsi que l’allégement de la fiscalité des revenus du capital, avec une taxation forfaitaire de 30% et la réduction de l’ISF aux seuls patrimoines immobiliers. En outre, notre nouveau président a programmé pour l’automne la suppression des cotisations salariales maladie et chômage, compensée par une hausse de la CSG qui pèsera aussi sur les retraités et le rétablissement de l’exonération sociale des heures supplémentaires. Au niveau du smic, toutes les charges sociales devraient disparaître.

Mais au-delà de toutes ces mesures, pour la plupart bienvenues, c’est l’impulsion que le nouveau président donnera aux corps sociaux qui sera le gage d’une possible réussite.

Impulser à tous, ménages, salariés, et entreprises, un optimisme dans l’avenir et replacer la France avec l’Allemagne au cœur de l’Europe comme il y a cinquante ans.

La publication préliminaire du PIB de l’Eurozone a été conforme aux attentes pour le T1 : +0,5%. Cette accélération n’a pas à ce stade de répercussions sur l’inflation. L’Espagne, l’Autriche et la Belgique se distinguent alors que la France est un peu à la traîne pais pour des facteurs temporaires, l’Allemagne, qui publie le 12 mai, devrait avoir connu un T1 fort.

Les enquêtes d’activité dépeignent une image très positive du début du T2 et en avril la mesure par la Commission Européenne du sentiment économique est à son plus haut niveau de 10 ans, ceci laissant entrevoir une accélération au T2 du PIB par rapport au T1, les PMI indiquent en effet au début de ce trimestre des niveaux cohérents avec une croissance trimestrielle de 0,7%.

L’indice PMI Markit Composite final de l’activité globale dans l’Eurozone s’établit à 56,8 (vs 56,4 en mars) et atteint un plus haut de 6 ans, c’est sa 46ème hausse mensuelle consécutive.

La croissance s’accélère dans les deux secteurs couverts par l’enquête, le taux d’expansion atteignant en outre un plus haut de 72 mois chez les fabricants comme chez les prestataires de services. La hausse de la production manufacturière continue par ailleurs d’afficher un rythme légèrement plus marqué que celui de la croissance de l’activité dans les services.

La hausse globale de l’activité dans le secteur privé de l’Eurozone repose en avril sur une nouvelle augmentation marquée du volume des nouvelles affaires. Celles-ci progressent en effet pour le 29ème mois consécutif, à un rythme proche du pic atteint le mois dernier.

Les perspectives d’activité à 12 mois restent bien orientées, le degré d’optimisme des entreprises restant proche du record atteint le mois dernier. La nouvelle accumulation du travail en attente enregistrée en avril, signe des tensions que la forte croissance de la demande fait peser sur la capacité des entreprises, devrait en effet soutenir les niveaux d’activité au cours des prochains mois.

Les niveaux des indices PMI composites par pays sont les suivants : Irlande 58,7, Espagne 57,3, Italie 56,8, Allemagne 56,7 et France 56,6. L’écart entre les indices respectifs entre l’Allemagne, la France et l’Italie est le plus faible depuis que l’enquête existe, ce sont les trois plus grandes économies de la zone.

L’emploi progresse pour le 30ème mois consécutif et bien que le taux de création de postes fléchisse, il demeure un des plus hauts de ces 10 dernières années. Les hausses d’effectifs s’accélèrent en Espagne et en Irlande, mais ralentissent en Allemagne et Italie.

Selon Chris Williamson, chief business economist à IHS Markit «  les données PMI du mois d’avril sont de fait conformes à une hausse trimestrielles du PIB de l’ordre de 0,7%, l’Allemagne et la France enregistrant des taux d’expansion similaires. Soulignant le caractère de plus en plus général de la reprise en cours, la croissance s’accélère en Irlande et en Espagne et affiche des niveaux supérieurs à ceux observés dans les deux premières économies de la zone euro tandis qu’en Italie, la hausse de l’activité se renforce également par rapport au mois dernier.

Les tensions sur les prix restent par ailleurs élevées, le niveau des indices correspondants suggérant une hausse de l’inflation sous-jacente dans les prochains mois.

Les dernières données PMI devraient inciter de nombreux experts à revoir à la hausse leurs prévisions de croissance économique pour l’année 2017, et la BCE à adopter un discours de plus en plus favorable à un resserrement prochain de sa politique monétaire ».

Pour la France plus spécifiquement notre nouveau président prend ses fonctions dans une conjoncture enfin favorable. L’indice final Composite PMI Markit ne se replie que très légèrement de 6,8 en mars à 56,6 en avril, continuant ainsi de signaler un fort taux de croissance.

La forte croissance de l’activité observée dans le secteur des services reflète notamment un nouvel accroissement du volume des nouvelles affaires, celles-ci augmentant pour le 14ème mois consécutif. Les entreprises interrogées expliquent généralement cette tendance par un raffermissement de la demande sous-jacente. Malgré un fléchissement par rapport au mois dernier, le taux d’expansion des nouveaux contrats reste encore élevé.

Dans l’ensemble du secteur privé français, les nouvelles affaires augmentent pour le 10ème mois consécutif. Si le taux d’expansion fléchit légèrement par rapport à mars, il reste cependant marqué.

L’accroissement de la demande incite les entreprises de services françaises à renforcer leurs effectifs pour le 4ème mois consécutif. La croissance de l’emploi ralentit cependant très légèrement par rapport au mois dernier et n’affiche qu’un taux modéré. C’est dans le secteur de l’intermédiation financière que le rythme des créations de postes est le plus soutenu.

L’emploi progresse également dans l’ensemble du secteur privé français, ce pour le 6ème mois consécutif. Le taux de création, de postes reste en outre stable par rapport au pic de 67 mois atteint en mars.

Malgré les nouvelles embauches, les pressions sur la capacité des entreprises se maintiennent dans le secteur des services comme en témoigne la 14ème hausse mensuelle consécutive du volume des affaires en attente en avril. Le taux d’expansion du travail en cours se redresse en outre par rapport au mois dernier et atteint un pic de 71 mois.

Enfin, les perspectives d’activité restent bien orientées dans le secteur des services français, la confiance atteignant son plus haut niveau depuis 6 ans. Les répondants anticipant une croissance de leur activité dans les 12 prochains mois fondent notamment leur optimisme sur la fin de l’élection présidentielle française, l’éventuelle mise en œuvre de mesures favorables aux entreprises ainsi que sur la hausse des investissements.

Aux Etats-Unis, le rapport sur l’emploi pour le mois d’avril était la principale  publication de la semaine. L’économie américaine a créé 211 000 emplois contre 79 000 en mars et le taux de chômage est tombé à 4,4%, son plus bas niveau depuis mai 2007.

Comme souvent quand on arrive à des taux de chômage aussi faibles, la productivité s’est contractée au T1 de 0,6% en rythme annualisé. Le ralentissement de la productivité pèse sur la croissance du PIB qui a ralenti à 0,7% en rythme annualisé au T1, sa plus mauvaise performance depuis trois ans.

Sur une année, le taux de chômage a décliné de 0,6% et le nombre de sans-emplois a diminué de 854 000.

Autre signe de plein emploi, le nombre de personnes employées à temps partiel pour des raisons économiques a reculé de 281 000 en avril et 698 000 sur un an.

Selon les groupes de travailleurs, l’US Bureau of Labor Statistics précise que le taux de chômage est de 4,1% pour les femmes adultes, 14,7% pour les teenagers, 3,8% pour les blancs, 7,9% pour les noirs, 3,2% pour les asiatiques et 5,2% pour les hispaniques. Ces taux sont stables.

Les embauches ont été particulièrement importantes dans le secteur des loisirs (55 000 postes), l’hôtellerie (26 000 postes), la santé (37 000 postes), les services financiers (19 000 postes), les industries minières (9 000 postes) et les services aux professionnels (39 000 postes).

La semaine de travail moyenne a augmenté de 0,1 heure à 34,4 heures et le salaire moyen a augmenté de 7 cents à 26,19 $ ou encore 2,5% sur un an.

Ce rebond des créations de postes pourrait aller dans le sens des déclarations de la Federal Reserve, qui a considéré que le ralentissement de la croissance économique au T1 à 0,7% annualisé était probablement transitoire et est restée optimiste sur l’économie américaine.

La Fed a laissé mercredi sa politique monétaire inchangée et a dit s’attendre à ce que le marché du travail « se renforce encore davantage ».

Nous comptons maintenant 60% des publications disponibles aux États-Unis et 40% en Europe pour le T1 2017 et il apparaît que ce sera le meilleur trimestre depuis fort longtemps. Alors que les BPA pour les entreprises du S&P500 progressent de 15% (yoy), pour les entreprises du Stoxx600 la progression sur un an est de 23% et 13% au-dessus des attentes d’avant publication. La qualité des publications européennes est reflétée par son caractère général : pour la première fois depuis le T1 2011, 9 des 10 secteurs du Stoxx600 (l’exception étant les utilities) publient des chiffres supérieurs aux attentes. Cette solide saison de publications a conduit à des révisions à la hausse du consensus sur un mois de +0,3% pour l’Europe et de +0,2% pour les Etats-Unis.

Il s’agit pour être plus précis de révisions positives sur l’Eurozone principalement.

Sur un mois l’Eurostoxx est révisé pour 2017 de +0,5% et sur trois mois de +1%. Le Stoxx600 est lui révisé de +0,3% sur un mois et +0,6% sur trois mois (source IBES).

Si l’on prend les méga capitalisations, le Stoxx50 est révisé de +0,1% sur un mois et il est stable sur trois mois alors que l’EuroStoxx50 est lui révisé de +0,4% sur un mois et de +0,9% sur trois mois.

Si l’on regarde maintenant par pays, toujours pour 2017, les chiffres sont pour la France (CAC40) +0,1% et +1,3%, pour l’Allemagne (DAX30) +1,2% et +1,4%, pour l’Italie (MIB 40) +0,4% et +1,8%, pour l’Espagne (IBEX) +1% et +4%, pour la Suisse -0,6% et -2,1% et pour la Grande-Bretagne +0,3% et pour +1,3%.

Si l’on étudie maintenant le ratio des révisions de résultats (ERR= upgrades-down grades/ total), il est de 25% pour la France, 20% pour l’Allemagne, 30% pour l’Italie, 41% pour l’Espagne, -60% pour la Suisse et -4% pour la Grande-Bretagne. Ceci avec des PE forward plus élevés pour la Grande-Bretagne et la Suisse.

Ces chiffres sont tirés des travaux de l’équipe stratégie de la Deutsche Bank (Wolf Von Rotberg, Sebastian Raedler & Tom Pearce) mais chez UBS Nick Nelson, Karen Olney & Andras Nagy arrivent aux mêmes conclusions.

FCP Mon PEA et Erasmus Small Cap Euro ont bien, très bien même, traversé la dernière période de forte hausse, Mid Cap suit à petite distance avec 13,56% quand même de hausse ytd (EuroStoxx Mid 14,29%). Un arbitrage sur FCP Mon PEA pour coller aux indices grandes entreprise : la vente de Spie après un très beau parcours en huit mois et l’achat de Saint Gobain toujours dans le secteur construction, RAS pour Erasmus Mid Cap euro et Nelly a acheté Kerlink (technologie télécom) pour Erasmus Small Cap Euro.

Cette semaine le consensus des prévisions bénéficiaires JCF/FactSet sur le Stoxx600 en Europe a varié de +0,3% sur 2017 et de +0,2% sur 2018. La croissance annuelle attendue est de +28,3% pour 2017 et de +12,3% pour 2018. Aux Etats-Unis et pour le S&P500, la variation de la croissance annuelle 2017 est attendue à +11,9% et à +10,1% pour 2018.

 

Bonne semaine à tous.