Les facteurs de risque se précisent

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10 septembre 2018

Rubrique : L'analyse de Jean-François Gilles

Les craintes dont nous vous faisions part  dans la précédente lettre se sont malheureusement concrétisées cette semaine, marquée par  l’entrée en vigueur des taxes annoncées aux Etats Unis sur 200 milliards d’exportations chinoises,  et par de nouvelles péripéties médiatiques pour le président américain.  Ces derniers jours  ont également été marqués par l'accélération de la chute des monnaies d’un certain nombre de  pays émergents : en quelques semaines le réal brésilien et le rand sud-africain auront ainsi perdu 6%, la livre turque 12% et le peso argentin jusqu’à 23%, affectés par les événements politiques et aussi l’impact des aléas climatiques pour ceux de ces pays largement dépendants de l’agriculture. Ce sont ainsi plusieurs  marchés  importants pour un certain nombre d'entreprises européennes qui s’annoncent compliqués, en raison des déperditions de pouvoir d’achat à venir pour les populations locales.  Dans ce contexte l’ensemble des secteurs ont reculé, cycliques comme défensifs, la technologie étant de loin la plus affectée. Seuls ont échappé au marasme deux thèmes  malmenés en bourse ces derniers mois : la banque et l’assurance au plan sectoriel, et au plan géographique l’Italie où les déclarations des dirigeants concernant le déficit public ont  temporairement apaisé les craintes des marchés.
 
Les indices macro-économiques publiés cette semaine sont pourtant restés encourageants aux Etats-Unis (ISM manufacturier à 61.3 et non manufacturier à 58.5, tous deux en progression et supérieurs aux attentes). De même les créations d’emplois en août se sont-elles élevées à 201000, dépassant là aussi les attentes.   En Europe le PMI italien a certes reculé à 51.7 en août contre 53 en juillet, ce qui n'est guére surprenant vu l'incertitude politique,mais celui de l’ensemble de la zone a évolué positivement de 54.4% à 54.5%.

Cet environnement plus incertain nous incite à interroger les dirigeants des entreprises dont nous sommes actionnaires quant à la marche récente de leurs activités, et nous avons eu l’occasion de rencontrer ou écouter ceux de deux entreprises françaises très internationalisées, Arkema et Edenred. Pour le président du chimiste Arkema, réputé pour son sérieux et sa prudence, les tendances les plus récentes demeurent  bonnes et s'inscrivent dans la continuité du premier semestre : les ventes aux Etats-Unis sont toujours aussi bien orientées, il en est de même en Aise où Arkema est bien implanté en Chine et Corée, quant à l'Europe les espérances de nette repris e de début d'année ont été dèçues mais la zone mais demeure en territoire nettement positif.  Alors qu'Arkema s'adresse à une multitude de clients finaux seuls le secteur automobile, qui ne représente que 6% des ventes, a vu sa croissance se tasser récemment. Le cas d’Edenred est instructif  car la société de services  a réalisé en 2017 40% de ses ventes en Amérique du sud dont une large part au Brésil. Les ventes de son activité d’avantages aux salariés  (les tickets restaurants), aprés avoir décru tout au long de l’année 2017 sont repassées en territoire positif ce premier semestre  et il nous a été indiqué qu’en dépit des incertitudes électorales celà s’était poursuivi en juillet et août. La société vient d’ailleurs d’annoncer un partenariat avec la première banque privée brésilienne qui renforcera son implantation dans ce pays.  Des nouvelles réconfortantes donc de la part de ces deux entreprises de qualité. Nous aurons cette semaine l’occasion de rencontrer de plus nombreux dirigeants d’entreprises de la zone euro qui nous aideront à nous faire une idée plus précise de l’environnement.

Semaine négative donc pour les actions, et plus particulièrement celles de la zone euro et des pays émergents, avec des indices en recul entre 2% et 3%, alors qu’une fois de plus les marchés américains s’en tirent mieux.  Dans l'ensemble nos fonds ont mieux résisté que leurs indices, FCP Mon PEA en particulier avec une surperformance de l’ordre de 100 bp. Erasmus Small Cap Euro a cédé Nixu, dont la croissance tarde trop à se refléter dans la rentabilité. Aucune nouvelle valeur n’a été rentrée en portefeuille cette semaine.