Rebond, durable ?

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21 janvier 2019

Rubrique : L'analyse de Jean-François Gilles

Les marchés ont terminé la semaine en forte hausse soutenus par des rumeurs de développement positif sur le front commercial, la probabilité croissante d’un « soft Brexit » et des annonces de relance économique en Chine.

Les premières publications de résultats américains sont encourageantes et contribuent à entretenir cette reprise.

Cependant , tant les perspectives macro économiques globales, américaines, européennes et asiatiques continuent leur effritement alors que les analystes financiers revoient vivement à la baisse leurs prévisions de résultats 2019.

Pour que la tendance actuelle reste solide, il va être maintenant nécessaire que rumeurs et espoirs fassent progressivement place à du concret. 

En effet, cette semaine a apporté encore plus d’évidence de la perte de momentum économique de l’Eurozone. La production industrielle de la région a reculé de 1,7% en novembre et de 3,3% sur un an. La première estimation du PIB 2018 de l’Allemagne à 1,5% reflèterait une croissance au T4 de 0,1%, ce qui affaiblira le T4 de la zone €.

L’année dernière est derrière nous et nous serons plus attentifs aux publications jeudi prochain des PMI pour janvier qui permettront de prendre le pouls de l’activité en ce début d’année. Ils pourraient refléter une petite reprise après la forte chute du PMI français en décembre. Pour autant nos espoirs reposent davantage sur le 2nd semestre.

Le parlement britannique a rejeté l’accord négocié entre l’Union Européenne et la Grande-Bretagne, rendant plus pressante encore l’échéance du 29 mars. La large majorité des élus britanniques hostiles à un « no deal » fait espérer aux marchés des conséquences moindres du retrait de la Grande-Bretagne de l’union.

S’il ne devait pas y avoir d’accord, l’Irlande dont les exportations vers la Grande-Bretagne représentent 14% du PIB serait la plus affectée, suivie des Pays-Bas et de la Belgique. En dehors de ce que mesurent les flux, seront aussi très concernées les entreprises avec d’importants investissements en Grande-Bretagne. Sur ce plan ce sont les Pays-Bas et l’Irlande les plus concernés. Mais le risque est grand aussi pour les entreprises avec des chaînes de production complexes comme les fabricants allemands d’automobiles.

Sans compter l’effet négatif qu’aurait l’absence d’accord sur la confiance des entreprises et l’investissement. 

Aux États-Unis, les indicateurs manufacturiers régionaux d’activité sont mixtes en ce début janvier. L’Empire State de la région de New-York est en recul pour le 2ème mois consécutif à 3,9 pts vs 11,5, son niveau le plus faible depuis mai 2017. Par contre l’indicateur manufacturier Philadelphia Fed repart à la hausse après 4 mois de baisse.

Ces deux indicateurs sont aussi en sens opposé pour la composante perspectives qui à 17,8 pts, baisse de 12,8Pts pour l’Empire State mais monte de 1,3 pt pour le Philly Fed.

La récente tendance au ralentissement de ces indicateurs suggère que l’activité manufacturière va continuer de croître mais à un rythme sensiblement ralenti par rapport aux deux dernières années, notamment pour ce qui concerne le rythme des investissements. 

Beau rebond des marchés cette semaine donc, l’EuroStoxx50 progresse de 2,11% et le CAC40 de 1,98%. Depuis le début de l’année on observe un rebond plus fort des pays et secteurs ayant été les plus affectés l’an dernier ; C’est ainsi que les plus fortes hausses sont la Finlande +8,66% et la Belgique alors que l’Italie  +3% et la France +3,07% montent moins vite. En termes sectoriels, Produits de Base +8,31%, Services Financiers +8,4% et Banques +8,31% alors que les Télécoms sont à +0,75%, Voyages & Loisirs +1,94% et Santé à +3,05%.

Idem si nous regardons les tailles de capitalisation : EuroStoxx +4,4%, EuroStoxx Mid +6,19% et Small +7,21%.

Nos fonds continuent à bien tirer leur épingle du jeu, en particulier Erasmus Small Cap Euro à près de 9% de hausse depuis le début de l’année. 

Quelques mouvements, pour FCP Mon PEA vente d’Eurofins Scientific sur rebond, pour Erasmus Mid Cap Euro Frédéric a cédé April après un profit rapide et le chimiste allemand Lanxess AG, Hugo pour Erasmus Small Cap Euro a cédé Thermador Group et acheté Cegedim et Aymeric a cédé pour Erasmus Micro Cap Euro l’irlandais Datalex Plc et Microwave Vision , trop illiquide, en contrepartie il a également acheté Cegedim ainsi que l’intermédiaire financier allemand Fintech Group AG.

Pour Erasmus Capital + le début de l’année est également encourageant avec une progression de 1,8% à vendredi.

Mais comme je l’indiquais en introduction, si les marchés sont bons, les prévisions de résultats sont toujours revues dans le mauvais sens par les analystes financiers : pour le Stoxx600 européen , -+1,2% en un mois pour 2018 et -1,5% pour 2019, pour le S&P500 américain -0,9% en un mois sur 2018 et -2,5% pour 2018. Sur 3 mois la révisions sur 2019 est de -3,1% en Europe et de -4,4% aux États-Unis. Si les marchés ne sont pas chèrement valorisés avec des PE 12 mois de X11,4 pour l’Allemagne, X11,8 pour la France, X11,1 pour l’Espagne ou X9,6 pour l’Italie, leur faible valorisation est aussi le reflet de ce mauvais momentum des attentes de résultats. Celles-ci se situent maintenant en Europe à +7,2% pour 2018 et +8,1% pour 2019 et aux États-Unis à +17,6% pour 2018 et +4,5% pour 2019. 

Bonne semaine à tous.