Records à New York, l’Europe suit

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29 avril 2019

Rubrique : L'analyse de Jean-François Gilles

Records sur le S&P et le Nasdaq portés par des publications trimestrielles qui affichent dans 77% des cas des bénéfices supérieurs aux attentes. L’Europe  suit, mais avec un décalage : il n’empêche, les cours sont au plus haut depuis un an bien que ce soit la seule région qui n’ait pas encore constatée un rebond de ses indicateurs depuis le début de l’année. Les investisseurs sont de plus en plus attentifs à tout signe d’inflexion, la rotation sectorielle constatée ce mois-ci sur les marchés va dépendre pour continuer de la participation de notre continent aux améliorations économiques déjà perceptibles en Amérique du Nord et en Asie.

Cette semaine encore les indicateurs européens n’ont pas été enthousiasmants.

La confiance des consommateurs mesurée par la Commission Européenne a baissé de -7,2 en mars à -7,7 en avril, sous les attentes bien qu’au-dessus de sa moyenne de long terme de -11,3. C’est une déception car les premiers mois de l’année permettaient de croire à une embellie, mais la hausse des prix de l’énergie pèse à nouveau sur le pouvoir d’achat.

L’enquête allemande IFO, sortie à 99,2 vs 99,7 en mars a également déçu. Elle montre une fois de plus le recul de l’activité manufacturière, à son niveau le plus faible depuis décembre 2012 alors qu’au contraire la reprise des services se confirme comme celle de la construction.

En France, les indicateurs mensuels de climat des affaires et de retournement conjoncturel de l’INSEE sont mieux orientés.

En avril 2019, le climat des affaires est stable à 105, bien au-dessus de sa moyenne de longue période de 100. Par rapport à l’enquête précédente, l’indicateur de climat des affaires perd 2 points dans l’industrie manufacturière et un point dans le bâtiment. Il est stable dans les services et gagne deux points dans le commerce de détail. Il se situe au-dessus de sa moyenne de longue période dans tous les secteurs. Le climat de l’emploi se dégrade après avoir augmenté pendant les trois premiers mois de l’année : son indicateur perd 4 points et se situe à 104, revenant au niveau de janvier 2019 mais bien au-dessus de sa moyenne.

Le solde d’opinion relatif à l’activité passée augmente de nouveau un peu. En revanche, le solde sur l’activité prévue se replie légèrement et celui sur la demande prévue est stable. Toutefois, les chefs d’entreprises restent plutôt optimistes sur les perspectives générales d’activité de leur secteur : le solde associé augmente de nouveau un peu.

Les soldes sur les effectifs passés et prévus se contractent légèrement du fait de leur nette baisse dans les services hors intérim. Par ailleurs la part des chefs d’entreprises remontant des difficultés de recrutement augmente de nouveau par rapport à l’interrogation précédente de janvier et atteint son plus haut niveau depuis juillet 2001.

Les soldes sur l’investissement baissent, celui sur les investissements passés, en léger recul, atteint sa moyenne, celui sur les investissements prévus se replie particulièrement mais reste au-dessus de sa moyenne.

Le solde sur le résultat d’exploitation passé augmente nettement comparé au mois de janvier 2019 tandis que celui sur le résultat d’exploitation prévu est stable. Les deux soldes sont au-dessus de leur niveau moyen.

Surprise sur la principale publication économique de la semaine aux États-Unis : la croissance économique a accéléré au T1 de façon inattendue à +3,2% vs +2,2% au T4 2018 ce qui porte sa progression sur un an à +3%. Cette accélération est étonnante si on prend en compte tous les obstacles rencontrés sur la période : la correction des marchés en fin d’année 2018, le « shutdown », la météo et les taxes et tensions commerciales.

La consommation (+1,2%) et l’investissement des entreprises (+2,7%) restent faibles mais la hausse des stocks a ajouté +0,65% au PIB alors que le commerce extérieur a ajouté 1%. Ceci ne sera pas renouvelable. Il n’empêche : les États-Unis ont mieux commencé 2019 que cela était escompté et ce démarrage constitue un acquis.

La situation sur l’immobilier résidentiel semble se stabiliser : les ventes de maisons neuves ont progressé en mars (692K annualisé) mais ont été révisées en baisse pour février (-5K), janvier (-11K) et décembre (-+26K) et les ventes de maisons existantes ont reculé  au rythme annualisé de 5 210K en mars après un février exceptionnel (5 480K) du au « shutdown ».

Les ventes semblent se stabiliser et l’association bancaire du crédit hypothécaire a publié un communiqué indiquant que les demandes de crédits avaient atteint un plus haut de 9 ans pour la semaine du 12 avril, les taux hypothécaires à 30 ans sont à 4,16%, 0,66% sous leur pic de 2018.

Par contre, mauvaise publication du Netherlands Bureau for Economic Policy Analysis qui enregistre pour février un recul de 1,7% du commerce mondial, le 4ème recul des 6 derniers mois portant le recul sur un an à -1,1%. Ceci montre que la prudence est nécessaire dans les anticipations de reprise manufacturière : celle-ci ne peut être que lente et progressive.

Les indicateurs de Merrill Lynch sur les résultats des entreprises se stabilisent, suggérant que le pire du ralentissement en cours est désormais derrière nous et permettant de croire à une reprise de la croissance des résultats au cours des 12 mois à venir. Dans ce sens le recul du nombre d’alertes sur résultats, plus faible ce trimestre que lors des 4 précédents.

Sur la semaine, les marchés clôturent en hausse aux États-Unis, S&P500 +1,2% et Nasdaq +1,8%, stables en Europe, Stoxx600 +0,1%, EuroStoxx50 0%, CAC40 -0,2% et Dax +0,8% et irréguliers en Asie, Nikkei225 +0,3% et Shanghaï SE -5,6%.

Sur le Stoxx600, le secteur Automobile (-2,6%) finit en forte baisse sur la semaine, pénalisé par les craintes concernant une politique monétaire chinoise moins accommodante, les Matériaux de base (-3,4%) ferment le marché et les Banques (-2,3%) sont touchées par la nouvelle faiblesse des taux. Le secteur Technologie est en forte hausse (+3,3%) dopé par les résultats d’Ingenico (+6,2%), STMicroelectronics (+5,1%), Dassault Systèmes (+4,2%) et de SAP (+2,6%). La Santé (+2,8%) et l’Agro Alimentaire (+1,2%), secteurs défensifs, sont les autres plus fortes hausses.

Si Erasmus Mid Cap Euro a perdu un peu de son avance cette semaine, tous nos autres fonds ont fait mieux que leurs indices de référence et sont en hausse sur la semaine.

FCP Mon PEA se repondère avec prudence sur l’Automobile en achetant le proxy Michelin, Aymeric pour Erasmus Mid Cap Euro arbitre UCB, vendu, pour IPSEN malheureusement à la veille d’une mauvaise nouvelle (générique possible !) et cède la holding italienne de la famille de Benedetti CIR pour acheter le papetier finlandais UPM-Kymmene Oyj. Hugo achète pour Erasmus Small Cap Euro IPSOS sur une bonne publication et une opération dans le secteur faisant ressortir sa faible valorisation, et le fabricant italien de cartons fabriqué à partir de fibres recyclées Reno de Medici et il vend la SSII française Aubay. Dans Erasmus Micro Cap Euro, ventes du développeur allemand de logiciels de gestion de la main d’œuvre Atoss Software (+36,13% depuis le début de l’année) et de Servizi Italia (+20,61%) société italienne qui fournit des services de blanchisserie et de stérilisation pour le secteur des soins de santé.

En Europe le consensus des prévisions bénéficiaires JCF/FactSet sur le Stoxx600 attend une croissance annuelle de +7,8% pour 2019 et +8,7% pour 2020. Aux États-Unis pour le S&P500 les attentes sont à +3,3% pour 2019 et +9,4% pour 2020.

 

Bonne semaine à tous et retour le 20 mai !