Croissance plus soutenue

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08 juillet 2019

Rubrique : L'analyse de Jean-François Gilles

Peut-être avait-on fait preuve d’excès de pessimisme ? Les publications de la semaine se sont en effet montrées plus rassurantes pour les économies européennes et américaines, freinant en conséquence l’euphorie qui s’était emparée des marchés de taux.

C’est cependant un soulagement de constater que le ralentissement des économies est plus modéré qu’attendu même si cela complique la décision que doit prendre prochainement la banque centrale américaine de baisser ou non ses taux directeurs.

Dans l’attente, et à la suite de la réunion du G20 dont la conclusion n’a pas été négative pour les marchés, ceux-ci atteignent leurs plus hauts niveaux de 2019. 

Se redressant de 51,8 en mai à 52,2, l’indice PMI composite IHS Markit d’activité dans l’Eurozone signale un renforcement de la croissance. Il dépasse également très légèrement son estimation flash (52,1) et atteint son plus haut niveau depuis novembre 2018.

Le redressement de l’indice masque les divergences de tendance au niveau sectoriel. Si dans les services l’activité a augmenté à un rythme soutenu ( plus forte hausse depuis 8 mois), la contraction du secteur manufacturier s’est poursuivie en juin . La production industrielle a reculé pour le 5ème mois consécutif, le taux de contraction affichant un de ses plus hauts niveaux des 6 dernières années.

A l’échelon national, l’Irlande (54,4) continue d’afficher les meilleures performances grâce à une forte croissance de son secteur des services. En France (52,3) l’activité a enregistré sa plus forte expansion depuis 7 mois, elle progresse à un rythme soutenu dans les services comme dans le manufacturier.

Les taux de croissance sont restés stables en Allemagne (52,6) et en Espagne (52,1) tandis que l’Italie (50,1) occupe de nouveau le bas du tableau malgré une légère hausse de son activité en juin, la 1ère depuis mars dernier.

La solide croissance de l’activité de l’Eurozone reflète le maintien de la hausse du volume des nouvelles affaires en juin, celui-ci ayant progressé pour un 4ème mois consécutif.

Bien que le taux d’expansion se soit redressé à son plus haut niveau depuis novembre dernier, la croissance des nouvelles affaires observée en juin n’a été que modeste. Comme pour l’activité, la hausse du volume des ventes a été freinée par une nouvelle réduction des commandes dans l’industrie manufacturière.

La croissance de l’activité ayant affiché un rythme supérieur à celle des nouveaux contrats, le volume du travail en cours a diminué pour un 4ème mois consécutif, le repli observé en juin n’étant que modeste et le plus faible de la période de contraction en cours.

Autre facteur ayant favorisé une baisse du travail en attente, la croissance de l’emploi s’est maintenue en juin. Les effectifs ont augmenté pour un 56ème mois consécutif à un rythme soutenu. A l’échelon national, c’est en Allemagne et en Irlande que le rythme des créations de postes a été le plus marqué.

Enfin, les inquiétudes relatives aux tensions commerciales mondiales ayant pesé sur la confiance des entreprises, les perspectives à 12 mois se sont assombries et ont affiché un niveau proche du plus bas de 50 mois enregistré en décembre dernier.

Cette reprise du marché du travail en Eurozone s’est reflétée dans un nouveau recul du taux de chômage à 7,5%, le niveau le plus faible depuis juillet 2008. Après avoir ralenti vers la fin 2018, la réduction du chômage s’accélère à nouveau : en Italie il décline à 9,9% un plus bas de 87 mois et en Espagne à 13,6% il touche un plus bas de 127 mois.

La nomination de Christine Lagarde à la tête de la BCE a rendu les marchés plus optimistes sur les taux € et sur la reprise proche d’un stimulus monétaire. Une baisse à -0,5% du taux de dépôt est attendue dès septembre et une nouvelle vague d’assouplissement quantitatif pourrait commencer avant la fin de l’année. 

L’US composite Markit PMI est sorti à 51,5 en juin vs 50,9 en mai, 2nd niveau de croissance le plus faible après mai depuis août 2016.

Les fabricants enregistrent toutefois une reprise des commandes, ce qui est nouveau, y compris export. Ceci a entraîné une hausse des carnets de commandes et une progression marginale des effectifs.

Par contre la confiance des entreprises tombe à un plus bas depuis juillet 2012 malgré une petite amélioration du côté des fabricants, ce faible niveau de confiance est causé par les craintes sur les commandes à venir et les tensions commerciales.

La principale publication américaine de la semaine était le rapport mensuel sur l’emploi de juin du Bureau of Labor Statistics/Haver Analytics. Les créations de postes ont rebondi au-delà des attentes même si le taux de chômage a augmenté pour de bonnes raisons –la 1ère augmentation depuis janvier du taux de participation- le temps de travail et le salaire horaire moyen progressant également à un rythme modéré :

  • 224K créations de postes, des révisions à -11K, ce qui amène les moyennes 3 mois et 6 mois à 171K et 172K respectivement. C’est une modeste décélération versus 2018.
  • Le taux de chômage passe à 3,7% vs 3,6% car 337K personnes se sont inscrites à la recherche d’un poste, portant le taux de participation à 62,9% et le taux de participation « prime working age » à 82,2%.
  • Le salaire horaire moyen progresse de 0,2% m/m et se maintient à +3,1% sur un an, ce qui reflète l’absence de pressions salariales en dépit d’un chômage au plus bas. Il n’empêche que compte tenu de la faiblesse de l’inflation le gain de pouvoir d’achat reste supérieur à 1% sur un an. 

L’ »Earnings Revision Ratio » (ERR) européen calculé par Merrill Lynch continue sa tendance positive même si les révisions à la hausse ne représentent encore que 67% des révisions à la baisse car celles-ci sont en ralentissement.

Historiquement au niveau actuel de l’ERR, le rendement des actions européennes sur les 12 mois à venir est de 9%. Seule la Suède a un taux de révision positif à 1%, la France est à 0,93% et l’Italie à 0,78%. A l’autre extrémité se trouve l’Allemagne à 0,53% et la Grande-Bretagne à 0,61%. Compte tenu de la force du $ vs 2018, le « Sales Revision Ratio » est à 1,04%, les extrêmes étant Suède 2,17%, France 1,29% et Espagne 1,18% d’une part et d’autre part Grande-Bretagne 0,75% et Italie 0,77%.

Sur la semaine les marchés clôturent en hausse : S&P500 +1,6%, Nasdaq +1,9%, Stoxx600 +1,4%, EuroStoxx50 +1,6%, CAC40 +1%, Dax30 +1,4%, Nikkei225 +2,2% et Shanghaï SE +1,1% avec un Bund en baisse de -3,8bp à -0,363%, le 10 ans US en hausse de +3,6bp à 2,04% et l’OAT français à -0,08% et une € qui se déprécie face au $ de 1,33% à 1,122.

Sur la semaine et pour le Stoxx600 le secteur des Matières Premières est en forte baisse (-2,5%) en raison du warning des producteurs d’acier chinois, seul autre recul les Biens et Services Industriels ; à la hausse Banques +3,6%, Voyages & Loisirs +2,8% et Immobilier +2,7%.

Avec un tel comportement sectoriel, si nos fonds ont tous monté et se situent à leurs plus hauts de l’année, ils n’ont pas attrapé toute la hausse de leurs marchés.

Pour Erasmus Mid Cap Euro Aymeric a fait 4 achats : Arkema, chimiste français que nous connaissons bien pour l’avoir longtemps détenu Dürr, fabricant allemand de robots de peinture pour chaînes de fabrication, Interpump, autre leader mondial et vieille connaissance également, italien cette fois et comme son nom l’indique spécialiste des pompes et S&T AG fournisseur de solutions informatiques autrichien spécialisé dans l’industrie 4,0, les systèmes informatiques embarqués et la technologie Internet des Objets (IoT).

Hugo pour Erasmus Small Cap Euro a cédé le belge Fagron et le fabricant italien de carton à partir de papiers recyclés Reno de Medicis pour acheter l’allemand Deutz AG pionnier et fabricant de moteurs fondé en 1872 ainsi que les entreprises françaises Voltalia (énergie) et Voyageurs du Monde (tourisme).

Les révisions du consensus des prévisions bénéficiaires JCF/FactSet sont toujours à la baisse et pour le T2 dont la publication va commencer pour les entreprises américaines les bénéfices sont même attendus en recul. En Europe pour le Stoxx600 la croissance annuelle est attendue à +5,4% pour 2019 et +9,4% pour 2020, aux États-Unis pour le S&P500, la croissance annuelle 2019 est attendue à +2,2% et à +8,6% pour 2020. 

Bonne semaine à tous.