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15 juillet 2019

Rubrique : L'analyse de Jean-François Gilles

 

Au lendemain de ce 14 juillet, nous saluons l’économie française qui traverse cette période difficile mieux que ses voisins et avec, enfin, de nombreuses créations d’emplois.

Les marchés aussi traversent bien la période et cette semaine Jerome Powell en confirmant la probabilité d’une baisse des taux directeurs de la Fed dès la fin de ce mois afin de parer les incertitudes soulevées par les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, ainsi que la faiblesse de la croissance globale, a permis à Wall Street d’établir de nouveaux records et aux places européennes de bien digérer leurs hausses récentes.

Et maintenant ?

Maintenant et en attendant la confirmation de la Fed les 30 et 31 juillet, place aux résultats semestriels, dès cette semaine aux États-Unis, à partir surtout de la prochaine pour les européens. 

Je ne peux pas résister au plaisir de reproduire une partie de la note de fin de semaine d’Andrew Kenningham, chef économiste Europe de Capital Economics : « Alors que les économies allemande et italienne sont en plein marasme, la France semble faire beaucoup mieux – au mois pour le moment. Nous pensons que le PIB aura connu une expansion de +0,4% au cours du 2nd trimestre après un très correct +0,3% au 1er. La production industrielle a crû de 2,1% m/m en mai, prolongeant sa forte performance d’avril aidée par la résilience de la production automobile, tandis que les ventes au détail ont progressé tant en avril qu’en mai. Et en plus les exportations ont été plus fortes que celles des autres pays européens alors que les indicateurs anticipés d’activité se redressent.

Cependant nous craignons que l’économie française perde un peu de son momentum en 2020. Il est peu probable qu’il y ait à nouveau un stimulus de 1% du PIB qui a été en partie du aux concessions faites o la suite des manifestations des « gilets jaunes ». Et nous craignons que les exportateurs français ne puissent continuer d’échapper aux perspectives médiocres de la demande globale. »

En attendant en France le chômage continue de reculer et il est revenu à son niveau de 2008, ce qui, comme indiqué ci-dessus, soutient les ventes au détail. 

D’autres signes aussi semblent indiquer une stabilisation du cycle économique mondial. A la détérioration continue de l’activité manufacturière répond un rebond modeste mais général du secteur des services. Le contraste des performances des secteurs manufacturier et services se reflète dans les PMI nationaux. Alors que les PMI manufacturiers signalent une contraction dans 18 des 30 pays observés, les PMI des services ne sont en repli que dans 3 des 30 nations.

Ceci se reflète également dans les prévisions de croissance.

Le consensus pour la croissance mondiale 2019 est aujourd’hui à +2,4% vs 2,6% en début d’année, pour 2020 il est à +2,6% vs +2,7% et 2021 est attendu à +2,5%.

Dans le détail par pays, pour 2019 les États-Unis à +2,5% et la France à +1,2% n’ont pas connu de révision, l’Allemagne -0,6% à +0,6% vs +1,2%, la Grande-Bretagne -0,5% à +1,3% vs +1,8% et l’Italie -0,4% à +0,1% vs +0,5% ont été les pays dont la croissance a été le plus révisée à la baisse alors que les croissances espagnoles +0,3% à +2,3% et chinoise +0,1ù à +6,2% ont été révisées à la hausse.

Pour 2020, la croissance des États-Unis (+2,1%, -0,2%) est presqu’autant révisée à la baisse que celle de l’Eurozone (+1,4%, -0,3%) alors que la croissance chinoise est stable à +5,9% continuant à réduire rapidement l’écart de son poids dans l’économie mondiale par rapport au poids de l’économie américaine. 

La NFIB (National Federation of Independent Business) a publié son enquête de juin 2019. William C.Dunkelberg et Holly Wade relèvent un modeste glissement de l’optimisme à 103,3 (-1,7) qui efface la progression enregistrée en mai tout en laissant l’indicateur à un bon niveau. L’enquête fait ressortir une réduction des stocks qui permet d’entrevoir leur rebond, une modération des ventes et des résultats et une hausse des incertitudes qui pèse sur les investissements.

Des entreprises de toutes tailles rencontrent des problèmes de recrutement, importants dans des secteurs comme la construction et les transports, pour faire face à leurs besoins de production alors que le chômage est à son niveau record le plus faible. Dans une économie en plein emploi où l’on ne trouve plus la main d’œuvre nécessaire, la NFIB indique qu’une croissance sous 3% est suffisante pour maintenir la situation de plein emploi.

La fédération des petites entreprises ajoute : » Wall Street n’est pas Main Street où environ 30 millions d’entreprises de toutes tailles font l’économie réelle. Environ 6 millions d’entre elles ont des salariés et toutes sauf les 20 000 plus grandes comptent moins de 500 employés, la plupart ne sont pas cotées.

Main Street va bien. »

Bruno Cavalier (Oddo) attire notre attention sur un autre point dans sa note « Relance budgétaire et guerre tarifaire, quelques interférences. »

Le déficit du budget fédéral américain est parti pour s’établir à environ 4,2% du PIB sur l’année fiscale 2019. Dans une économie qui croît depuis 10 ans et est au plein emploi, c’est plutôt élevé mais moindre que ce qui était prévu quand la réforme fiscale a été votée fin 2017. Cette réforme serait-elle autofinancée ? Non.

L’explication tient surtout à la hausse des taxes douanières … supportée par les contribuables américains. Le Congressionnal Budget Office estimait que ce déficit allait augmenter à 4,6% du PIB en 2019. A la vue des données des 9 premiers mois de l’année, le point d’’atterrissage devrait en fait se trouver à 4,2%. Dans sa dernière estimation le CBO prévoit des chiffres équivalents en 2020 et 2021. Cette révision tient à deux facteurs. L’un, technique, est une modification des dépenses prévues pour cause de catastrophes naturelles. L’autre, beaucoup plus significatif, est l’envolée des recettes douanières. En mai dernier le CBO estimait qu’il y avait là 0,2% de PIB de revenus. Après la hausse des droits de douane de 10 à 25% sur environ 200 milliards$ d’importations venant de Chine ce chiffre devrait doubler. Contrairement aux affirmations répétées de Donald Trump, ce ne sont pas les chinois qui remplissent les caisses de l’état fédéral mais les contribuables américains. Mais plus les droits de douanes sont élevés, plus grand est le risque que les échanges ainsi taxés se réduisent, et avec eux l’assiette de l’impôt. 

Sur la semaine les marchés clôturent en hausse aux États-Unis, S&P500 +0,8%, Nasdaq +1% mais en recul en Europe et en Asie Stoxx600  -0,8%, EuroStoxx50 -0,8%, CAC40 -0,4% et Dax30 -2,0%, Nikkei 225 -0,3% et Shanghaï SE -2,7% ; ceci avec le Bund en hausse de 15bp à -0,21%, l’OAT à 0,06%, le 10 ans US à 2,12% (+8,5bp) et un € qui s’apprécie face au $ de 0,28% à 1,126.

Au sein du Stoxx600, la Santé (-2,7%) a été le secteur le plus touché à la suite de craintes sur les prix aux États-Unis, avec l’Automobile & Équipementiers (-2,3%) suite au gros warning de BASF et les Télécommunications (-1,7%). Le secteur Pétrole & Gaz (+1,4%) est en hausse après la chute des stocks de pétrole brut  aux US et la baisse de production décidée par les pays membres de l’OPEP et la Russie, ainsi que la Distribution (+0,3%) et les Biens et Services Personnels (+0,1%).

Nos fonds sont proches de leurs indices sur la semaine et certains font même preuve de résistance. Vente de Sanofi pour FCP Mon PEA. Aymeric a arbitré au sein des entreprises cycliques d’Erasmus Mid Cap Euro : après avoir acquis Dürr, Interpump et Kion, il cède GEA Group AG, Symrise AG et le belge Umicore. Pour Erasmus Small Cap Euro, Hugo a vendu Cyan AG et acheté Stratec Biomedical SE , société allemande qui développe et fabrique des systèmes dans les domaines du diagnostic in vitro et des sciences de la vie.

Dès cette semaine une vague de résultats du T2 est attendue aux États-Unis, quelques uns en Europe. Avant ces publications, le consensus des prévisions bénéficiaires JCF/FactSet sur le Stoxx600 européen attend une progression de +4,8% pour 2019 et +9,2% pour 2020 ; pour le S&P500 américain les attentes sot à +1,9% pour 2019 et à +8,8% pour 2020 ; La tendance des révisions à la baisse a été forte au cours du dernier mois (-1% sur les deux indices, pour 2019 comme pour 2020) et nous suivrons avec une grande attention les effets des publications et des commentaires des entreprises sur l’évolution de leurs perspectives. 

Bonne semaine à tous.