Une surprise le 25?

  -  Les commentaires de nos équipes

22 juillet 2019

Rubrique : L'analyse de Jean-François Gilles

Non, en tout cas pas une grande surprise en conclusion de la réunion de la Banque Centrale Européenne, mais probablement une indication forte de la tendance à venir.

Il est significatif que l’attention des investisseurs se focalise sur les deux rendez-vous des banques centrales (la Federal Reserve se réunit les 30 et 31 juillet) alors que nous sommes entrés en plein dans la période de publication des résultats des entreprises pour le 2nd trimestre. C’est montrer clairement où se situe le moteur des marchés.

Et c’est aussi pourquoi il est utile de rappeler le proverbe américain : »Don’t fight the Fed ».

Qu’attendent les investisseurs de la réunion de la BCE ?

Nous pensons que la banque centrale va modifier sa guidance de deux manières. Elle devrait dire en premier que ses taux directeurs resteront à leur niveau actuel ou plus bas au moins jusqu’au milieu de l’an prochain. Et ensuite nous pensons qu’elle ajoutera qu’elle se tient prête à relancer son assouplissement quantitatif et les achats d’actifs.

Nous ne pensons pas qu’elle passera à l’acte par une baisse des taux dès cette semaine, ni à un assouplissement quantitatif immédiat bien que sur le 1er point les marchés de futures sont désormais partagés 50/50. Si c’était le cas, il faut s’attendre à une forte réaction des marchés : baisse de l’€, hausse des actions. Pour nous elle attendra septembre : d’ici là de nouvelles publications et la Fed lui permettront de mieux argumenter sa nouvelle politique.

Mais les changements de politiques monétaires sont maintenant enclenchés et les prévisionnistes en tiennent compte. Ainsi le très sérieux bureau de recherche britannique Capital Economics vient de faire passer sa prévision de la paire €/$ à 1,05 pour la fin de l’année. Pour les entreprises de l’Eurozone ce serait un atout considérable. Il serait justifié par une croissance qui reste faible et que les chiffres du T2 vont hélas confirmer. Si le marché du travail est toujours en phase d’amélioration il semble que les ménages ces deux derniers trimestres aient épargné leur surcroît de pouvoir d’achat plutôt qu’augmenté leur consommation. Et compte tenu du ralentissement, lent mai réel, de la croissance globale, ce n’est pas la demande extérieure qui peut faire redémarrer l’activité.

Les perspectives économiques continuent de se dégrader dans un contexte international toujours à risque : guerre commerciale sino-américaine, menaces multiples sur les exportations européennes, Brexit et craintes sur la croissance des pays émergents (la Turquie en particulier est un partenaire important de l’Eurozone). Ces éléments se retrouvent depuis plusieurs mois dans la faiblesse des indicateurs d’activité, notamment dans l’industrie, ce qui devrait à nouveau être illustré lors de la publication des PMI provisoires le 24 juillet. La capacité de la croissance à repasser au-dessus de son niveau potentiel de 1,3% reste un enjeu crucial pour que les anticipations préoccupantes d’inflation reviennent durablement sur leur niveau cible.

Les dernières publications économiques des États-Unis sont aussi dans la continuité d’une croissance ralentie si elle reste plus élevée qu’en Europe.

La production industrielle est sortie inchangée en juin, amenant à +1,2% sa progression sur un an vs +2% en mai. Au T2 la production industrielle sera donc en recul pour le 2nd trimestre consécutif et 0,9% sous son pic de décembre. Les raisons sont toujours les mêmes : ralentissement global, conflits commerciaux, taxes, stocks excessifs auxquels s’ajoute maintenant le frein du secteur aéronautique du aux déboires de Boeing.

Dans l’autre sens les ventes au détail ont progressé de +0,4% m/m, de +7,5% t/t , la plus forte hausse trimestrielle depuis le T4 2017. Ce qui est appelé « control retail sales » et qui exclut le pétrole, l’agro-alimentaire, l’automobile et la construction, progresse de +0,7% m/m, 4ème hausse consécutive, là aussi à +7,5% t/t et plus forte hausse depuis le T4 2005. Ce sont ces ventes là qui se répercutent le plus sur le PIB, elles devraient profiter significativement au T2 US.

Les indicateurs anticipés régionaux se sont améliorés en juillet bien que leur lecture ne soit pas facile. Le Philadelphia Fed Manufacturing bondit de 0,3 en juin à 21,8 en juillet, son plus haut niveau depuis un an et l’Empire State Manufacturing , après -8,6 en juin, remonte à +4,3 en juillet.

En juillet 34,8% des répondants au Philly Fed voient leur activité croître et seulement 13% décliner ; pour l’Empire State, progression 28,8, déclin 25,6.

Les chiffres de juin ont probablement été affectés par les menaces de taxes de l’administration Trump sur les importations venant du Mexique, menaces désormais écartées.

Au niveau industriel on peut analyser l’ensemble de ces chiffres comme une stabilisation, au mieux à un niveau faible (cf. production industrielle). 

Sur la semaine les marchés clôturent en légère baisse : S&P500 -1,2%, Nasdaq -1,2%, Stoxx600 +0,1%, Eurostoxx50 -0,5%, CAC40 -0,4%, Dax30 -0,5%, Nikkei 225 -0,8% et Shanghai SE -0,2% avec le Bund en baisse de 11,3bp à -0,32% et le 10 ans US de 8,2bp à 2,04%, l’€ se déprécie face au $ à 1,122.

Sur le Stoxx600 le secteur Pétrole & Gaz est en baisse (-3,3%) sous l’effet des stocks de pétrole, il est suivi des Banques (-2,0%) et des Télécommunications (-1,8%). La Santé (+2,3%) arrive en tête des progressions suivie de l’Agro-alimentaire (+1,4%) et des Construction & Matériaux (+1,3%).

Les flux s’améliorent, ils sont sur la dernière semaine positifs sur toutes les classes d’actifs : monétaire, obligataire, matières premières et actions avec pour celles-ci une collecte des ETF supérieure aux rachats sur les  positifs, Europe en décollecte mais compensée par une belle collecte sur les fonds internationaux.

Sur la semaine nos fonds sont proches de leurs indices, faible avance pour FCP Mon PEA, faible retard pour Erasmus Mid Cap Euro et Erasmus Small Cap Euro exactement en ligne.

Pour Mid Cap, Aymeric a ouvert une ligne Moncler, entreprise italienne de luxe en forte croissance. Hugo pour Small Cap a fait une série d’opérations : ventes de la utility italienne Ascopiave après une hausse de 26,52% sur 3 mois, de Carl Zeiss Meditech, entreprise allemande d’équipements médicaux, +22,34% sur 3 mois et de Virbac, pharmacie vétérinaire +15,68% sur 3 mois. Ceci pour acheter le distributeur de mobilier Maisons du Monde et Envea, ex Environnement SA, qui fabrique des instruments de mesure pour gaz polluant, particules en continu, qualité de l’air, émissions industrielles, process, gaz moteurs, etc.

Nous n’en sommes encore qu’au tout début des publications et le rythme des mises à jour des prévisions bénéficiaires par les analystes financiers n’a pas encore accéléré.

Au 19 juillet, le consensus établi par JCF/FactSet sur le Stoxx600 européen attend +4,1% pour 2019 et +9,7% pour 2020. Pour le S&P500 américain la croissance annuelle 2019 est attendue à +2% et à +8,3% pour 2020.

Bonne semaine à tous.