Nouveaux signes de stabilisation

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25 novembre 2019

Rubrique : L'analyse de Jean-François Gilles

En dépit d’un léger recul de l’indice composite, les PMI de l’Eurozone s’ajoutent au nombre croissant d’indicateurs qui suggèrent que le ralentissement du commerce mondial et du secteur industriel touche son plancher. Le PMI manufacturier se redresse pour le 2ème mois consécutif de 45,9 en octobre à 46,6 en novembre, tiré par l’indicateur allemand qui passe de 42,1 à 43,8. Aussi bien les nouvelles commandes domestiques qu’à l’export envoient des signaux positifs en Allemagne alors que la croissance de la France accélère.

Bien sûr, tout peut encore mal tourner. S’il y a une nouvelle escalade entre les États-Unis et la Chine, ou un nouveau front commercial par la  taxation des importations de voitures européennes ou si la croissance chinoise s’affaiblit fortement. Ce risque demeure.

Cependant, les dernières publications sont plutôt encourageantes et une reprise au S1 2020 peut être espérée.

C’est ce qui explique qu’après la forte hausse que nous avons connu la consolidation en cours reste modérée.

Les données Flash PMI pour l’Eurozone de novembre signalent une nouvelle perte de vitesse de la croissance, le recul marqué qui affecte actuellement l’industrie manufacturière touche désormais le secteur des services. La croissance de l’emploi a atteint son plus bas niveau depuis presque 5 ans, les entreprises limitant de plus en plus les embauches.

L’indice Flash PMI Composite IHS Markit s’est replié, de 50,6 en octobre à 50,3 en novembre, c’est la 2nde plus faible croissance de l’activité depuis juillet 2013, début de la reprise dans la région.

La faiblesse de la croissance s’est traduite par un fléchissement du volume des nouvelles affaires pour le 3ème mois consécutif, à un rythme de repli toutefois légèrement inférieur depuis 2 mois qui se traduit par une diminution très modeste de la demande.

Le recul persistant du volume des nouvelles commandes et des nouveaux contrats a entraîné un allègement du travail en attente pour la 11ème fois en un an.

Les perspectives d’activité à 12 mois sont restées largement inférieures aux taux enregistrés plus tôt dans l’année, en raison de l’exacerbation des incertitudes géopolitiques, notamment du Brexit, des guerres commerciales et des tarifs douaniers, qui viennent s’ajouter aux inquiétudes plus générales nées du ralentissement de la demande. Ces attentes étaient toutefois plus optimistes en novembre qu’au cours des 3 mois précédents.

La baisse des carnets de commandes s’est répercuté sur les décisions d’embauche, les entreprises étant de plus en plus soucieuses de ne pas augmenter leurs frais généraux. La croissance de l’emploi a ralenti pour le 5ème mois consécutif.

Selon les fabricants les conditions sont restées extrêmement difficiles mais le taux de fléchissement de la production a légèrement reculé pour le 2ème mois consécutif. Fait encourageant, le taux de contraction des nouvelles commandes a enregistré son plus bas niveau depuis 5 mois ; Il reste toutefois important en absolu en particulier pour ce qui concerne les exportations. Les perspectives de production manufacturière sont néanmoins plus optimistes qu’elles ne l’ont jamais été depuis 5 mois, contribuant au ralentissement des suppressions de postes.

Dans les services, la croissance a enregistré son taux le plus bas depuis janvier à cause de la faiblesse des nouveaux contrats. Le recul du volume des affaires en attentes s’est accentué et les perspectives de croissance du secteur ont eu pour conséquence le plus modeste taux de croissance de l’emploi enregistré depuis janvier.

Les données par pays ont mis en évidence un recul de l’activité en Allemagne pour le 3ème mois consécutif. Alors que la croissance du secteur des services (51,3 vs 51,6) a affiché son taux le plus faible depuis septembre 2016, de nouveaux éléments indiquent que la contraction du secteur manufacturier (43,8 vs 42,1) s’atténue, à l’image de la tendance du volume des nouvelles commandes, dont la contraction a enregistré son taux le plus bas depuis 10 mois et contribue ainsi à placer l’indice PMI Flash manufacturier allemand à son plus haut niveau depuis 5 mois.

De nouveau, la France a obtenu de meilleurs résultats que l’Allemagne. La progression de son activité a affiché son plus haut niveau depuis 3 mois (52,7 vs 52,0), faisant du T4 le plus performant de l’année jusqu’à présent. La croissance des services (52,4) s’est maintenue à l’un des rythmes les plus élevés de l’année écoulée, tandis que la croissance de la production manufacturière (51,4 vs 51,2) a atteint son 2nd taux le plus soutenu depuis août 2018.

Le reste de l’Europe a assisté à un fléchissement modeste de son activité dans le manufacturier, la croissance des services étant quasi nulle.

Par ailleurs, la confiance des ménages dans l’Eurozone mesurée par la Commission Européenne s’est modestement redressée, de -7,6 en octobre à -7,2 en novembre, en amélioration en Allemagne, Espagne et France mais en recule en Belgique et en Italie.

A la veille des élections parlementaires britanniques du 12 décembre, il faut noter le recul des PMI Flash de la Grande-Bretagne, le manufacturier de 49,6 en octobre à 48,3 et celui des services de 50,0 en octobre à 48,6. 

L’IHS Markit Flash US Composite PMI progresse en novembre (51,9 vs 50,9) montrant que si la croissance américaine ralentit, elle reste cependant résiliente et à son plus haut niveau depuis juillet. Une hausse solide des nouvelles commandes reçues par le secteur manufacturier, au plus haut depuis avril, est particulièrement encourageante même si l’optimisme des répondants sur leur activité à 12 mois recule un peu.

Aux États-Unis, les mises en chantier de logements ont augmenté en octobre de 3,8%, elles portent ainsi le rythme moyen 2019 à 1,257 million de logements ce qui constituerait, il reste 2 mois, le rythme le plus élevé depuis 2007 et le début de la crise des subprimes.

Bien que le taux de propriétaires ait augmenté à 64,7% au T3, un plus haut de 5 ans, il reste faible en données historiques, suggérant une marge de progression encore importante. Après avoir approché les 5% fin 2018, le taux d’emprunt hypothécaire à 30 ans reste sous 4% même s’il a un peu remonté ces dernières semaines. Il est suffisamment attractif pour les primo-accédants. Selon la NAHB (National Association of Home Builders), 63,6 ù des logements vendus au T3 étaient accessibles aux ménages gagnant le revenu médian américain de 75 000 $, l’an dernier cette proportion était tombée à 56,9% ! 

Les publications des comptes des entreprises du T3 sont presque terminées. Pour les ventes, sur 246 entreprises de l’EuroStoxx concernées, 232 ont publié, 52 au-dessus des attentes (21%), 153 en ligne (62%) et 27 en-dessous (11%) ; Pour les bénéfices par action nous avons 166 publications pour 174 attendues, 72 au-dessus (43%), 36 en ligne (21%) et 55 en-dessous (32%).

Selon EPFR Global, après 4 semaines de collecte consécutives, la semaine dernière les fonds et ETF actions européennes ont modestement décollecté (0,8 milliard $) .

Sur la semaine les marchés clôturent en légère baisse : S&P500 -0,4%, Nasdaq -0,3%, Stoxx600 -0,5%, EuroStoxx50 -0,7%, CAC40 -0,8%, Dax30 -0,6%, Nikkei225 -0,8% et Shanghai SE -0,2% avec le Bund en baisse de 2,4bp à -0,36% et le 10 ans US de 6bp à 1,77% et un € qui se déprécie face au $ de -0,3% à 1,1021.

Sur la semaine, parmi les secteurs du Stoxx600, l’Automobile (-1,6%) a connu le plus fort recul entraînée à la baisse par Fiat Chrysler (-8,0%), suivi de Pétrole & Gaz (-1,5%) sur des signes d’une offre abondante sur le marché mondial et Chimie (-1,1%).

Au contraire, Voyages & Loisirs +0,6%, Banques +0,3%, Santé +0,2% et Télécommunication +0,1% ont résisté.

Nos fonds ont bien traversé la semaine en ligne ou en avance sur leurs benchmarks.

Peu de mouvements à signaler : sur FCP Mon PEA l’achat de Kering a été financé par les ventes de Veolia Environnement après une belle performance et de Vivendi qui a bien rempli le rôle pour lequel nous l’avions acheté et Hugo a acquis pour Erasmus Small Cap Euro le néerlandais AMG NV Advanced Metallurgical Group fabricant de métaux de spécialités et de systèmes de fours sous vide à destination des industries aérospatiales, électroniques, optiques, chimiques, de la construction et du transport.

Les consensus des prévisions bénéficiaires JCF/FactSet continuent d’être révisés à la baisse, à un rythme ralenti toutefois en particulier pour les États-Unis. En Europe pour le Stoxx600 la croissance annuelle attendue est de +1% pour 2019 et de +8,7% pour 2020. Pour le S&P500 américain les attentes 2019 sont à +0,2% et à +7,8% pour 2020.

Selon nous, la publication la plus importante la semaine prochaine sera connue demain lundi , il s’agit de l’IFO allemand qui devra confirmer les PMI pour la solidité des marchés. 

Bonne semaine à tous.