Newsletter octobre 2017

  -  Les commentaires de nos équipes

05 octobre 2017

Rubrique : Flash mensuel

Madame, Monsieur,

Après quelques hésitations et vaguelettes au cours des mois de juillet et août, les investisseurs se sont rendus à l’évidence : les conditions économiques actuelles sont les plus favorables que nous ayons connues au cours de la décennie d’après crise. Le commerce international continue de se renforcer comme le montre son meilleur thermomètre, le Baltic Dry Index qui mesure le coût du fret maritime. Notre partie du monde, l’Eurozone, voit ses indicateurs économiques anticipés les plus fiables, PMI et IFO, au plus haut depuis 10 ans et sans réel signe de décélaration. Il faut rappeler les faits : l’Eurozone et la France ont en 2017 une croissance deux fois plus rapide que celle que les meilleurs économistes attendaient il y a un an, et l’horizon à six mois se dégage. Bien sûr, il y a toujours des interrogations : la Catalogne sous l’actualité , la Corée du Nord, la Chine après le congrès quinquennal de fin octobre, mais d’autres aussi porteuses d’optimisme comme la possible réforme fiscale aux Etats-Unis ou une Eurozone qui avance sous la volonté conjointe de l’Allemagne et de la France.

Si vous avez lu nos analyses précédentes, vous savez que nous étions prêts pour la hausse de septembre et nos portefeuilles entièrement investis. C’est ce qui explique leur bon comportement et leur forte progression (3 à 5% pour les actions) assortie d’une faible volatilité, avec le talent de nos gérants et analystes pour déceler les meilleurs affaires. Nous n’en dirons pas plus sur le sujet, les chiffres parlent d’eux-mêmes.

 

Vous noterez la régularité d’ensemble, la poursuite de la très bonne performance de Nelly DAVIES avec Erasmus Small Cap Euro, mais Erasmus Mid Cap Euro géré par Frédéric  REDEL est aussi en belle surperformance, quant à FCP Mon PEA, outre une avance sympathique, son cours atteint 200€,  il a donc doublé en 7 ans et 4 mois, une performance annuelle moyenne de près de 10%. Le nouveau venu, Erasmus Capital Plus remplit parfaitement son objectif et constitue le substitut rassurant au contrat € : très faible volatilité, moins de deux, très faible drawdown et performance bien au dessus des contrats € et de l’Eonia+2%. Si vous ne le connaissez pas encore il est temps de le découvrir.

A court terme, tout indique que les perspectives économiques vont rester favorables. La croissance mondiale a accéléré au cours des derniers mois pour atteindre 4%, niveau que nous n’avions plus revu depuis 2013. En dépit des menaces de guerre atomique (Corée du Nord), des frictions commerciales (Brexit, Nafta), de l’envolée de l’euro, les exportations vers l’Asie progressent de plus de 10% sur un an, celles vers la Grande Bretagne de 2.5%, vers les Etats-Unis elles ralentissent, effet dollar, mais sont cependant plus élevées que l’an dernier. Comme l’écrit Bruno Cavalier (ODDO) : « Pourquoi la confiance chuterait-elle puisque la croissance est solide et que l’emploi soutient les revenus ? Pourquoi l’activité freinerait-elle puisque les conditions financières sont expansionnistes ? Pourquoi le policy-mix deviendrait-il restrictif puisqu’il n’y a pas de signes de tension sur les prix ou les salaires ? » 

Aux Etats-Unis, le président et les républicains ont en théorie toutes les cartes en mains pour faire avancer un agenda de baisse d’impôt et de déréglementation. A part leurs divisions, rien n’est encore sorti. Il reste à espérer que l’automne décline enfin quelques bonnes nouvelles. Mais malgré ces déceptions, l’économie américaine évolue à son rythme de croisière, le taux de chômage est bas, la bourse est haute (trop peut-être ?) et la Fed va continuer de mener de manière graduelle et intelligente, la normalisation de sa politique monétaire : dégonfler son bilan de titres achetés lors de son assouplissement quantitatif et procéder progressivement, au fur et à mesure de la hausse de l’inflation, à des hausses de taux. C’est le risque majeur pour la pérénité de la reprise : une remontée rapide des taux d’intérêt. Elle gênerait les Etats-Unis bien sûr, mais le monde entier et les pays émergents en premier, car si la hausse des taux était rapide il y aurait  transmission à l’ensemble des marchés de taux et la question de la soutenabilité des dettes publiques et privées reviendrait sur le tapis.

En Europe, la surprise majeure des derniers mois est l’embellie cyclique. Le risque politique a monopolisé l’esprit des investisseurs au S1, mais n’a pas perturbé le comportement des consommateurs et des entreprises, sensibles les uns au recul du chômage, les autres au niveau de plus en plus élevé de leurs carnets de commandes. En Eurozone, la reprise économique gagne en intensité, la croissance dépasse maintenant 2% l’an, en diffusion car elle concerne tous les pays et tous les secteurs et elle devient de plus en plus endogène. L’€ se renforce, sans doute une gêne pour les exportateurs, mais ce n’est plus à cause des conditions monétaires restrictives mais parce que son économie est remise sur de bons rails. L’Allemagne déroule sa puissance économique et stabilité, la France tente de réduire l’écart en s’engageant dans des réformes nécessaires. 

« La France n’est pas un pays réformable. Beaucoup ont essayé. Ils n’ont pas réussi. Parce que les françaises et français détestent les réformes. C’est un peuple qui déteste ça. » Emmanuel MACRON le 24 août 2017. Et pourtant en quatre mois une réforme assez large du code du travail a été bouclée sans installer le charivari dans le pays. C’est un premier pas.

Le second pourrait être la loi de Finance 2018, vu les premiers textes publiés, le nouveau président semble là aussi tenir ses engagements. Pour 2018, il va falloir trouver un équilibre délicat entre crédibilité et efficacité. D’une part, il convient de restaurer la confiance auprès de l’Allemagne, condition sine qua non pour promouvoir une plus grande intégration fiscale de l’Eurozone, d’autre part, il faut réduire la pression fiscale. Depuis deux ans le taux des prélèvements obligatoires a été stabilisé mais c’est à un niveau qui handicape l’activité. Ce constat est encore plus flagrant en ce qui concerne la taxation du capital, d’où les projets de taxation unique (30%) sur les revenus du capital et de limitation de l’impôt sur la fortune à l’immobilier. En regard de nos voisins et compétiteurs, nos dépenses publiques sont trop élevées, l’écart est de 12% vis-à-vis de l’Allemagne. Malheureusement les comptes publics français ne permettent pas d’accompagner les réformes structurelles par un assouplisssement de la politique budgétaire, en conséquence, à court terme tout le monde ne sera pas gagnant mais l’espoir est à plus long terme une compétitivité retrouvée qui augmente la croissance potentielle.

Les chefs d’entreprises en tout cas, semblent y croire, ils sont très positifs sur les perspectives générales et celles de leur entreprise. Celà se trouve tant dans les enquêtes de l’INSEE qui montrent des perspectives de croissance robustes qu’au cours de multiples rendez-vous que nous avons avec les équipes dirigeantes des entreprises dans lesquelles nous investissons. 

Pour l’horizon immédiat, six mois, il n’y a donc pas de faille dans le bel enchaînement des facteurs positifs, un cercle vertueux qui va du climat de confiance à l’économie réelle, aux conditions financières, à l’inflation car si les entreprises n’ont pas beaucoup de pricing power, les salariés ne sont pas en position d’obtenir de forts gains salariaux. En conséquence, la croissance de l’activité, des chiffres d’affaires, s’accompagne d’une progression des marges et d’une forte progression des résultats : ceux-ci sont attendus pour le Stoxx600 européen et pour 2017 à +28% et à +10% pour 2018. Ce dernier chiffre est avant loi de Finances française qui pourrait voir le taux d’IS baisser !

Pour le moyen terme d’autres espoirs sont permis mais qui ne peuvent être pris en compte aujourd’hui car encore sujets à de nombreux aléas. En Eurozone, le niveau potentiel d’activité est loin d’être atteint. Le chômage normatif se situe à 7.1%, nous sommes aujourd’hui à 9.1%. Si la baisse du nombre de chômeurs se poursuit, cela se répercutera favorablement sur le revenu et les dépenses tout en réduisant le degré de risque économique et les coûts sociaux.

Nous essayons maitenant de résumer nos analyses en les transformant en conseils.

-         Feu vert pour les actions en Eurozone et au Japon.

-         Feu rouge pour les obligations partout dans le monde.

-         Feu orange pour les marchés actions américains, les devises et les matières premières.

Les feux orange méritent quelques explications. Les banques centrales vont sortir progressivement de leurs politiques d’assouplissement quantitatif. Même si elles agissent à un rythme très mesuré, leurs annonces auront un impact perturbant sur les parités de change. La Fed qui va donc agir à la fois sur son bilan et sur les taux directeurs devrait ainsi faire remonter le $. Mais d’une part, quelle sera la transmission des hausses américaines sur les taux € et d’autre part, quel sera l’attrait supplémentaire des actions € / la crainte accrue des actions américaines. On a bien vu cette année que l’attrait nouveau des actions de l’Eurozone avait beaucoup modifié les flux attendus. D’autant qu’un autre élément fort peut venir encore modifier les flux devises si le président et les chambres américaines s’accordent, il en est question, sur le rapatriement par les entreprises américaines des bénéfices réalisés à l’étranger, ceci avec une fiscalité réduite.

Autre interrogation et feu orange sur les matières premières où nos analyses nous font penser que la Chine est la clé du sujet. Le congrès du parti communiste, ce mois-ci, une fois passé, y aura-t-il modification de la politique économique, réduction des mesures de soutien de l’activité ? Selon la réponse, les prix des matières premières peuvent fortement fluctuer. Et nous ne le savons pas, même si nous croyons à un ralentissement progressif et dans l’ordre de la croissance car l’assainissement de l’endettement est nécessaire et constituera une des priorités de la nouvelle équipe de dirigeants.

Un dernier mot pour expliquer notre confiance sur les actions de l’Eurozone, un argument important pour expliquer les variations de cours : les flux. Il en est de même sur les marchés actions que pour les prix des légumes, ceux des biens immobiliers ou ceux des lots aux enchères dans une salle des ventes, pour que les prix montent il faut qu’il y ait plus d’acheteurs que de vendeurs.

C’est ce que nous constatons sur l’Eurozone et il n’y a aucune raison pour qu’il y ait un retournement de tendance dans l’immédiat. En effet, pour un investisseur international non européen (Etats-Unis, Moyen-Orient ou Asie), les performances des marchés actions en € depuis le début de l’année sont les suivantes :

 

Quelques nouvelles pour terminer de notre petite boutique à laquelle nous vous remercions de faire confiance. Grâce à vous, Erasmus Gestion va bien et compte désormais, plus d’une douzaine de collaborateurs. Stanislas de SAINT BLANQUAT a rejoint l’équipe commeciale d’Hakim SOUANEF, il est en charge de l’ouest de la France depuis le 1er septembre et se tient à votre disposition. Votre confiance nous oblige à étoffer notre équipe de recherche et le 8 novembre, un analyste financier venant de Londres, intégrera l’équipe de Vincent SPERLING. Nous vous le présenterons dans notre prochain envoi avec nos nouveaux projets, création d’un autre FCP et plus si affinités. 

 

Vous souhaitant bonne continuation. 

                           Jean-Pierre Gaillard                                                           Jean-François Gilles

Les performances passées ne sont jamais un indicateur fiable des résultats futurs, mais nous mettons constamment nos meilleurs efforts à la compréhension de l’économie et des marchés financiers pour gérer avec le plus de pertinence possible l’épargne que vous nous confiez.