Newsletter juillet 2018

  -  Les commentaires de nos équipes

05 juillet 2018

Rubrique : Flash mensuel

Madame, Monsieur,

Nous voici de retour à notre grand rendez-vous trimestriel et nous devons vous dire franchement que même si l’économie globale nous paraît toujours solide, elle a sans doute franchi son pic de croissance à la fin de l’année 2017 ou au tout début de celle-ci en Eurozone.

Nous constatons une perte de momentum économique bien qu’un ralentissement plus substantiel nous semble encore improbable car les conditions financières pour les économies avancées restent très accommodantes, et la politique fiscale est devenue stimulante pour de nombreuses économies à commencer par les Etats-Unis, ce qui devrait avoir des effets secondaires favorables sur le reste du monde.

En attendant, les marchés financiers sont saisis par le doute et les performances de nos fonds en sont le témoignage. Rien de dramatique bien sûr après la très belle année 2017 mais une situation que nous nous devons de vous expliquer ainsi que les décisions stratégiques que nous avons pris devant cette évolution.

Mais tout d'abord, voici les performances :

Même si FCP Mon PEA s’en sort bien, le tableau d’ensemble est médiocre et nos stratégies ont été adaptées il y a quelques semaines pour mieux nous positionner par rapport à un grand changement économique et géopolitique.

Nous avions bien mesuré que la croissance traversée fin 2017 en Eurozone et en France était exceptionnelle et nous n’avons jamais pensé que ce rythme puisse être soutenu très longtemps.

En revanche, nous n’avions pas imaginé que le président américain prendrait le risque de casser la croissance mondiale par des mesures protectionnistes, ni que le prix du baril de pétrole s’établirait si rapidement à ses niveaux actuels.

La persistance de ces éléments limitera la croissance dans la majorité des pays à l’exception des Etats-Unis, mais même pour ces derniers, le raisonnement est à courte vue. Les prévisions de croissance sont donc en train d’être revues à la baisse de 0.2% à 0.3% au niveau du PIB mondial par la plupart des spécialistes (CM-CIC -0.2% sur la croissance européenne à +2.1% pour 2018 et 2019). La croissance demeure forte toutefois au regard des niveaux atteints depuis 10 ans.

Donald Trump complique la donne et continue de durcir le ton à l’approche des élections de mi-mandat le 6 novembre prochain, ce qui alimente la méfiance des investisseurs. Cette semaine encore il a cherché à accélérer la mise en œuvre des taxes en visant notamment le secteur automobile européen qui exporte 52 milliards $ de véhicules et pièces détachées vers les Etats-Unis, il a annoncé des mesures de protection des entreprises technologiques et insisté sur les sanctions mises en place contre l’Iran, les pays tiers doivent cesser totalement leurs importations d’ici le 4 novembre s’ils veulent éviter les sanctions et le degré de tolérance des Etats-Unis sera nul vis-à-vis des récalcitrants.

Ces mesures décidées envers l’Iran ont engendré une hausse significative (33% depuis le début de l’année) du prix du baril de pétrole qui contribue à porter l’inflation et faire peser un risque sur la consommation des ménages dans les pays développés.

Les déclarations récentes quant à une escalade des tensions protectionnistes, aussi bien du côté américain que chinois, laissent penser qu’il n’y aura pas de solution rapide et évidente aux menaces proférées. Il est donc difficile de tabler sur une accalmie avant les élections de mi-mandat de novembre aux Etats-Unis. Ces éléments vont impacter négativement le commerce mondial, logiquement ils devraient graduellement affecter la confiance et l’investissement, ce qui pénalisera la croissance.

Protectionnisme et prix du pétrole auront donc un impact négatif sur la croissance, gérable selon les experts du CEPII ; mais entraînant à la baisse les prévisions de croissance.

L’ampleur de ces changements reste limitée car l’activité devrait tenir grâce à l’investissement et à la consommation. Pour le moment, les carnets de commandes des entreprises restent bien remplis et rendent nécessaire une poursuite des investissements aussi bien en équipement qu’en main d’œuvre d’autant que la rechute récente de l’euro constitue un soutien supplémentaire.

On n’insiste pas assez sur le fait que les conditions d’emploi en Eurozone donnent un signal très positif.

Les créations nettes d’emploi sont l’une des meilleures mesures de l’état de la demande intérieure. D’après les données nationales, Bruno CAVALIER (Oddo) estime leur rythme mensuel à 210 000 actuellement, un niveau équivalent à celui de 2017. Leur évolution est bien en phase avec le cycle de croissance et non pas retardée, il n’y a pas de fléchissement notable. Au demeurant, la confiance des ménages particulièrement sensible aux conditions du marché du travail, est résistante (Economic Sentiment Index, ESI juin 2018). Depuis quelques trimestres, les chefs d’entreprise signalent des difficultés croissantes pour trouver de la main d’œuvre qualifiée, surtout en Allemagne et dans une moindre mesure en France. Il est difficile de faire la part entre les facteurs cycliques (voisinage du plein emploi) et plus structurels (formation, coût de travail). Cela étant en dehors de l’Allemagne les conditions d’emploi sont incontestablement moins bonnes qu’avant la crise financière, mais au rythme actuel de baisse du chômage, on ne reviendra sur la situation de 2007 que dans un peu plus d’un an en France, dans 4 ou 5 ans en Espagne ou en Italie.

En somme, tant que les créations d’emplois restent vigoureuses, ce qui est confirmé par les plus récentes enquêtes auprès des ménages (INSEE, ESI) ou des entreprises (PMI Markit), il y a de bonnes raisons de rester constructifs sur l’Eurozone. Le coup de froid du S1 exagère la faiblesse du cycle européen et il ne faut pas oublier trop vite les fondamentaux économiques qu’on a rarement vu aussi bons en Eurozone depuis une décennie.

Pour autant plusieurs facteurs de risque d’origine externe ou de nature politique, viennent assombrir l’horizon immédiat et il serait prétentieux de ne pas en tenir compte.

En conséquence, nos portefeuilles sont construits depuis un mois autour des 4 thèmes d’investissement suivants :

-          Entreprises de qualité résistantes aux changements cycliques

-          Entreprises œuvrant dans le monde digital, soit par leur activité propre soit en offrant leurs services dans ce domaine (SSII)

-          Entreprises réalisant au moins 30% de leur activité en dollar

-          Entreprises ayant réalisé une opération de croissance externe significative, des cessions majeures ou des changements d’actionnariat.

Vous souhaitant bonne continuation. 

                           Jean-Pierre Gaillard                                                           Jean-François Gilles

Les performances passées ne sont jamais un indicateur fiable des résultats futurs, mais nous mettons constamment nos meilleurs efforts à la compréhension de l’économie et des marchés financiers pour gérer avec le plus de pertinence possible l’épargne que vous nous confiez.