Newsletter octobre 2019

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09 octobre 2019

Rubrique : Flash trimestriel

Madame, Monsieur,

Quel trimestre ! Si le mois de septembre a permis de mieux terminer l’été, les trois derniers mois ont été très agités, pris entre un ralentissement économique au niveau mondial qui touche particulièrement le secteur manufacturier, les actions bienvenues des banques centrales pour favoriser l’activité par la faiblesse des taux d’intérêts et de nouveaux épisodes du conflit commercial américano-chinois. En dépit de toutes les chausse-trappes semées au long de ces trois mois nos fonds gardent des performances satisfaisantes que nous vous présentons ci-dessous.

Si les performances restent satisfaisantes, l’année est cependant loin d’être terminée. Face à une situation économique globale qui se détériore progressivement, les banques centrales utilisent avec un certain succès l’arme des taux d’intérêt. Les états où la situation économique le permet, comme l’Allemagne, très affectée par le recul de ses industries exportatrices, pourraient aussi utiliser l’arme budgétaire mais ce n’est pas encore le cas. Enfin et surtout un apaisement des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine seraient les bienvenus : c’est là l’origine du ralentissement économique mondial et il est difficile d’imaginer une ré-accélération de la croissance sans que des progrès soient réalisés sur ce front. Nous y croyons même si ce n’est pas pour des bonnes raisons, comme vous allez le voir, l’économie américaine est à son tour touchée, le doute s’installe chez les dirigeants de ses entreprises. Il est donc temps pour M TRUMP d’adopter une position non pas de faiblesse mais réaliste s’il veut pouvoir être réélu. 

Les probables nouvelles médiocres voire mauvaises à venir durant le prochain trimestre sur les plans macro-économique et micro-économique amèneront les analystes à revoir à la baisse leurs attentes de bénéfices pour les entreprises, mais la situation d’arbitrage entre les différentes classes de valeurs mobilières devrait continuer. 

Nous sommes dans une situation inédite ou les risques sont beaucoup plus élevés sur les placements obligataires et monétaires que sur les placements sur les marchés actions. 

Quelques chiffres pour illustrer cette situation anormale. En Europe, sur le STOXX600 le rendement des dividendes est de 4.1% alors que le rendement moyen de l’obligation d’Etat à 10 ans est de -0.1%. Pour la France ces chiffres sont respectivement 3.5% de dividendes pour le CAC40 et de -0.3% de rendement pour l’emprunt d’Etat français à 10 ans ; la Grande Bretagne est à 5.8% contre 0.5% et les Etats-Unis à 3.2% de rendement pour les actions de S&P500 contre 1.5% pour les emprunts d’Etat américains à 10 ans. 

C’est une situation généralisée qui conduit les investisseurs à accepter le risque action compte tenu, d’une part, de la différence des rendements et d’autre part à cause du risque formidable que représente désormais l’investissement obligataire en cas de remontée des taux. C’est le message que nous a envoyé l’assureur Generali en remettant en cause le capital garanti. 

La situation économique globale est effectivement dégradée. 

Même aux Etats Unis les données sont mitigées. 

Les indices ISM et PMI manufacturiers se retrouvent au plus bas depuis 2009. Ils reflètent une contraction de l’activité industrielle qui perd désormais des emplois. Certes les services tiennent encore le coup et pèsent beaucoup plus sur l’activité et l’emploi mais l’histoire nous rappelle que l’industrie préfigure avec quelques trimestres d’avance ce qui va se passer dans l’ensemble de l’économie. Aussi nous attendons deux nouvelles baisses de taux de la Federal Reserve d’ici la fin de l’année, la première ce mois-ci. 

Nous attendons surtout des négociations commerciales américano-chinoises qui commencent cette semaine à Washington non pas des grands accords rapides mais des signaux progressifs qui montrent aux investisseurs que les deux leaders économiques mondiaux sont enfin décidés à aboutir et à faire, chacun, quelques compromis sur leurs exigences. 

En Euro zone aussi les données ont été décevantes. Les PMI manufacturiers et services ont chuté, ce qui a conduit l’indice du PMI composite européen à atteindre son plus bas niveau depuis 2013. L’activité est toujours en ralentissement en Allemagne où toutes les enquêtes ont continué de faiblir. Le diagnostic est moins tranché pour la France où les PMI ont baissé mais les enquêtes de l’INSEE ont progressé. De même la production industrielle s’est encore dégradée en Allemagne alors qu’elle arrive à se maintenir en France. 

D’un point de vue positif les marchés de l’emploi restent favorablement orientés et le taux de chômage vient encore de reculer le mois dernier à 7.4% pour l’Eurozone et à 8.5% pour la France qui revient de loin. 

Et la Chine aussi ralentit. Sa production industrielle en particulier qui ne croit plus que de 4.4% en glissement annuel en août, son rythme le plus faible depuis 17 ans. L’Etat chinois déploie des ressources budgétaires et les investissements d’infrastructures ont augmenté de 5.5% mais cela n’a pas suffi à empêcher un recul de l’investissement global. Si les ventes au détail progressent encore de 7.5% sur un an en août, ce chiffre est lui-même en net ralentissement, qui plus est avec un problème alimentaire l’épidémie porcine, qui a fait progresser de près de 50% le prix du porc, ingrédient essentiel de l’alimentation des ménages. 

Bref, c’est dans chaque partie du monde qu’une amélioration de la visibilité géopolitique serait la bienvenue au cours du trimestre qui commence. Nous l’attendons et pensons qu’elle arrivera très progressivement, parsemée de soubresauts déstabilisants. 

Mais en absence de véritables alternatives d’investissements un rétablissement par étapes de la confiance peut avoir un effet significatif. Plus significatif sur les marchés que sur l’économie compte tenu de l’abondance de liquidités. Le fait que la croissance aura du mal à rebondir au-delà de sa croissance potentielle au moins en 2020 et peut-être aussi en 2021, ceci aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe conduira les banques centrales à rester accommodantes en dernier ressort, les pressions inflationnistes restant faibles, particulièrement en Europe. Les remontées de salaire seront longues à se concrétiser ce qui permettra aux entreprises de bénéficier à nouveau d’un environnement favorable à la progression de leur marges bénéficiaires.

 Vous souhaitant bonne continuation. 

                           Jean-Pierre Gaillard                                                           Jean-François Gilles

Les performances passées ne sont jamais un indicateur fiable des résultats futurs, mais nous mettons constamment nos meilleurs efforts à la compréhension de l’économie et des marchés financiers pour gérer avec le plus de pertinence possible l’épargne que vous nous confiez.