Newsletter Octobre 2020

  -  Les commentaires de nos équipes

06 octobre 2020

Rubrique : Flash trimestriel

Après un rebond marqué au deuxième trimestre, les marchés financiers terminent le troisième à une allure beaucoup plus modérée. Il avait pourtant démarré avec la publication de chiffres économiques supérieurs aux attentes et une série d’indicateurs positifs suggérant une reprise soutenue de l’activité économique, mais la reprise de l’épidémie et la montée des tensions entre les Etats-Unis et la Chine ont pesé sur les marchés.

Dans ce contexte notre équipe, par une bonne appréhension des phases des marchés, a pu tirer son épingle du jeu. La sélection de secteurs plus défensifs qu’au deuxième trimestre et d’entreprises socialement responsables nous a permis de traverser avec réussite les turbulences rencontrées.

Nous nous engageons d’ailleurs plus largement dans cette direction avec comme objectif la labellisation ISR (Investissement Socialement Responsable) de nos fonds. 

Comme à l’habitude, avant de déployer nos analyses et la stratégie qui en découle, voici le tableau des performances des fonds :

Notre stratégie a donc porté ses fruits au travers des turbulences de l’été, car elles ont été nombreuses :

1)      En Europe, un accord sur un plan de relance de 750 MM€ a été signé, mais sur le front économique la croissance de l’activité du secteur privé a ralenti en septembre après une nette accélération en juillet. En outre, la BCE a laissé ses taux inchangés. Elle s’attend désormais à une récession un peu moins violente qu’anticipé dans l’Eurozone en 2020 à -8% versus -8,7% prévu en juin.

2)      Aux Etats-Unis, le nombre de cas d’infections par le coronavirus n’arrête pas d’augmenter, ce qui menace la reprise économique du pays. Cependant celle-ci reste un peu plus vive qu’en Europe, tirée par la consommation des ménages et l’immobilier résidentiel. La Federal Reserve a officiellement adopté une politique monétaire basée sur l’inflation moyenne et pourrait ainsi la laisser dépasser les 2% pendant une « certaine période » avant de songer à remonter ses taux. L’institution a également revu à la hausse ses perspectives de croissance et table sur un recul du PIB américain de -3,7% en 2020 versus -6,5% anticipé en juin. 

3)      Sur le front commercial, la tension entre les Etats-Unis et la Chine est montée d’un cran au cours du trimestre. Les deux pays se sont mutuellement imposés des sanctions. Le président Trump a publié deux décrets interdisant aux entreprises américaines toutes transactions avec le groupe chinois ByteDance (propriétaire de TikTok) et Tencent. Il a également annoncé de nouvelles restrictions commerciales plus strictes au géant des semi-conducteurs chinois. Les tensions entre les Etats-Unis et l’Europe risquent de s’accélérer également après que l’OMC ait autorisé l’Union Européenne à imposer de nouveaux tarifs douaniers sur des produits américains en représailles aux subventions accordées par les Etats-Unis à Boeing.

Et maintenant ?

Les marchés financiers sont face à trois incertitudes majeures : une seconde vague de Covid-19 qui touche l’Amérique et l’Europe, les grandes difficultés des parlementaires américains à se mettre d’accord sur la prolongation du plan de relance et d’accompagnement, et les élections du 3 novembre aux Etats-Unis.

Cependant nous restons convaincus que dans tous les cas une reprise forte se matérialisera au premier semestre 2021 même s’il est possible qu’il y ait quelques turbulences à traverser avant d’y arriver.

Malgré les efforts, la distanciation sociale ne se révèle pas suffisamment efficace à elle seule pour que les états parviennent à s’abstraire des enjeux sanitaires. Certes, l’apprentissage du virus et de la gestion médicale des patients permettent de réduire la mortalité mais les autorités restent contraintes de contenir la circulation du virus. L’effort est de longue haleine puisque près de cinq semaines se sont écoulées entre les premières mesures et le retour d’une tendance baissière pour les nouvelles contaminations aux Etats-Unis. Dans ce contexte, la course pour une solution médicale reste la clé pour sortir durablement de la crise. Les investisseurs financiers y sont d’ailleurs très sensibles, notamment pour les actifs risqués et intègreraient des premiers résultats positifs rapidement.

Suite au déconfinement, les indices PMI de la plupart des zones sont rapidement revenus en territoire d’expansion, et ce même si certains secteurs sont restés durablement pénalisés (hôtellerie, transports, restauration, industrie aéronautique). Ce rebond a fait suite à un trou d’air de grande ampleur au 2ème trimestre malgré les efforts inédits déployés par les gouvernements et les banques centrales.

Sa poursuite se trouve confrontée à une perte durable en termes d’emplois et d’activité avec l’accélération des défaillances d’entreprises alors que le soutien des gouvernements se déplace des mesures de soutien d’urgence aux plans de relance dirigés vers les activités d’avenir.

Au global, la dynamique de rebond devrait être perturbée ce trimestre, et même interrompue dans certaines zones, par le retour de la pandémie, mais elle sera ensuite en mesure d’accélérer à nouveau dans le sillage de la mise en place des plans de relance et aidée par une solution médicale.

Au-delà des risques sanitaires, plusieurs enjeux politiques limiteront également le retour rapide de la confiance des secteurs économiques et pénaliseront la visibilité de l’activité d’ici la fin de l’année.

Les derniers sondages nationaux pour l’élection présidentielle américaine témoignent d’une avance pour Joe Biden. Mais rappelons-nous 2016. Une phase temporaire d’incertitude pourrait s’ouvrir le soir des élections alors que Donald Trump pourrait refuser dans un premier temps la victoire de Joe Biden si le scrutin s’avérait serré. Au-delà de cette phase de tensions, l’impact sur la croissance et les actifs financiers est généralement positif. Là encore rappelons-nous après la surprise initiale, la réaction des marchés à l’élection de Donald Trump : c’est le cas dans 4 élections présidentielles sur 5. Le risque aujourd’hui semble d’autant plus limité qu’une cohabitation entre les deux chambres semble de nouveau se profiler. Une victoire de Joe Biden permettrait en revanche un apaisement des tensions internationales : si les relations avec la Chine resteront durablement dégradées, une restauration de l’entente avec l’Europe devrait avoir rapidement lieu.

Brexit : ces dernières semaines, l’espoir d’un accord de libre-échange entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni s’est largement réduit et celui d’un « no deal » a pris de l’ampleur, se reflétant dans la chute de la devise et des taux d’intérêt britannique. Le maintien du texte de loi de Boris Johnson sur le marché intérieur, qui contrevient aux dispositions de l’accord de sortie de 2019 a sérieusement entamé les discussions. Nous considérons toutefois toujours qu’une sortie sans accord à la fin de l’année devrait être évitée, ce que la reprise des négociations sur de meilleures bases le 28 septembre a laissé espérer. La situation très inquiétante de l’économie au Royaume-Uni devrait amener Londres à se résoudre à ne pas rompre brutalement.

Pourquoi en fin de compte rester positif en dépit de ces obstacles : parce que l’ampleur des moyens mis en place pour les surmonter est à la hauteur des enjeux :

1)  Les taux d’intérêts sont au plus bas depuis plusieurs siècles, y compris crise de 1929 et a fortiori 2008-2009.

2)  La trésorerie disponible des entreprises et des ménages, à 4,4 trilliards de dollars est à des niveaux très élevés même si depuis juillet il y a quelques rachats sur les fonds monétaires.

3)  Les politiques monétaires et fiscales en réponse au Covid-19 sont sans précédent 20,6 trilliards de dollars en 2020, 23,4% du PIB. Le bilan de la Federal Reserve représentait 6% du PIB américain avant la crise Lehman Brothers, 15% au lendemain, 19% avant le Covid-19 et 37% aujourd’hui.

4)  Le stimulus fiscal de 12,3 trilliards de dollars est le plus élevé depuis la seconde guerre mondiale.

Aussi nous analysons la situation des marchés comme présentant des incertitudes à court terme mais un potentiel important à moyen terme.

- Pour les investisseurs qui ont un horizon à plus de six mois il n’y a pas lieu de modifier son allocation car les bons « timings » d’entrée et de sortie sont toujours extrêmement difficiles à trouver.

- Pour ceux qui ont un programme d’investissement à réaliser, le marché offre et peut offrir au cours des deux prochains mois des points d’entrée intéressants. Un accord bipartisan dans les prochaines semaines sur une rallonge du plan de relance, une élection américaine qui se passe bien, peuvent déclencher un fort rebond des marchés, Bank of America vise +10% d’ici la fin de l’année !

- Le risque nous semble limité maintenant, un nouveau recul de 5% déclencherait une forte vague d’achats, ce serait un moment à saisir agressivement.

- La confirmation de la découverte d’un vaccin pourrait porter les indices 10-20% plus haut.

Bien à vous,

                           Jean-Pierre Gaillard                                                           Jean-François Gilles

Les performances passées ne sont jamais un indicateur fiable des résultats futurs, mais nous mettons constamment nos meilleurs efforts à la compréhension de l’économie et des marchés financiers pour gérer avec le plus de pertinence possible l’épargne que vous nous confiez.