Newsletter Juillet 2021

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07 juillet 2021

Rubrique : Flash trimestriel

Dans le sillage de la montée en puissance de la vaccination, les pays développés ont rapidement réouvert leurs économies, entrainant ainsi un rebond majeur de l’activité notamment dans les services. Les indicateurs d’activités dans ce secteur qui représente la grande majorité du PIB ont de nouveau pu s’inscrire en territoire positif et progresser mois après mois, atteignant déjà des points hauts dans plusieurs pays. L’accélération en cours de la demande a débuté rapidement avec à la clé une trajectoire de croissance un cran plus haute qu’attendu notamment en Eurozone et dès le 2e trimestre.

Face aux craintes légitimement suscitées par la pandémie et qui occupent naturellement les pensées de chacun, la perception de l’amélioration économique est reléguée au second plan : ce n’est pas la priorité compte tenu de la séquence sanitaire traversée.

Il faut cependant avoir en tête cette accélération rapide de la croissance : un peu partout, Asie, Amérique et Europe la croissance attendue est revue à la hausse. C’est cela qui explique l’embellie continue des marchés financiers depuis le début de l’année et au cours du 2e trimestre. C’est cela qui explique les performances satisfaisantes que nous vous présentons pour l’ensemble des fonds dans lesquels votre épargne est investie.

NB : Erasmus Capital Plus et ADN Dynamic sont des fonds que nous avons repris.

Aux Etats-Unis, l’accélération de la demande des ménages a été au rendez-vous tout au long du printemps et la dynamique peut se maintenir dans le courant de l’été. Les Américains bénéficient d’une réouverture quasi-totale de l’économie ainsi que d’un niveau de revenu qui reste très élevé. Ainsi le niveau de consommation des services progresse et celui des biens se stabilise bien au-dessus de la tendance d’avant crise. Ce mouvement est amené à perdurer dans ces prochains mois alors que le retour à l’emploi offrira un double effet positif pour la croissance avec d’une part une normalisation de l’offre de produits et d’autre part une hausse des revenus. Ceci est un élément clé afin de traverser le pic d’inflation de court terme qui ne devrait pas pénaliser outre mesure la demande. Cependant, en fonction du plan de relance budgétaire supplémentaire qui pourrait être voté, la banque centrale américaine sera vigilante afin d’éviter une éventuelle surchauffe de l’économie à partir de 2022.

En Eurozone, l’heure est au rattrapage économique porté par la consommation des ménages dans les services. Les indicateurs d’activité confirment la bascule rapide entre l’industrie et les services avec à la clé une accélération de la croissance dès la fin du 2e trimestre, et ce malgré les restrictions qui avaient été imposées en début de trimestre. Ceci se traduit également dans les indicateurs de confiance des consommateurs européens qui connaissent une hausse impressionnante depuis février.

Après un début du printemps compliqué du fait de restrictions majeures en Allemagne et en France, l’ensemble des économies de l’Eurozone profite de la réouverture et la dynamique se prolongera tout au long de l’été et même au-delà alors que les plans de relance vont monter en puissance. En effet, l’Union Européenne a franchi des étapes législatives importantes ces dernières semaines laissant entrevoir des premiers versements de subventions dès le mois de juillet. Pour les pays du Sud, il s’agit d’un levier majeur ces prochains trimestres comme en atteste l’ampleur de la relance décidée par Mario Draghi en Italie. Nous tablons désormais sur un retour du PIB à son niveau d’avant-crise dès la fin de l’année 2021 en France et au début de l’année 2022 pour l’ensemble de l’Eurozone.

A l’inverse des pays développés, les économies émergentes voient l’horizon s’assombrir entre poussées inflationnistes majeures, risques politiques mais aussi et surtout une situation sanitaire non maitrisée du fait de la lenteur de la vaccination, qui plus est avec l’utilisation de vaccins moins efficaces. Après la vague meurtrière en Inde et en Turquie qui a conduit à des reconfinements, c’est au tour de la Russie, d’une partie de l’Asie et de l’Amérique Latine de faire face à une accélération des contaminations. Le retour des restrictions entravera de nouveau le rebond de la croissance et le contexte économique devrait donc rester plus volatile dans ces pays. Même en Chine, la reprise économique montre des signes de tassement, ce qui est bien compréhensible compte tenu de son redémarrage l’hiver dernier. Ainsi, si les exportations restent en croissance, celle-ci est moins rapide et cette moindre croissance se répercute sur l’activité manufacturière.

En conséquence de l’embellie économique globale que nous venons de décrire, les banques centrales se doivent de préparer les marchés financiers à l’évolution du caractère accommodant de leurs politiques monétaires.

En première ligne nous trouvons la Federal Reserve américaine qui a déjà placé des jalons importants en vue des étapes à suivre vers le resserrement monétaire. Lors de sa réunion du 16 juin elle a confirmé que des discussions autour de la réduction des achats d’actifs (tapering) pourraient démarrer cet été mais elle a surtout surpris les investisseurs en avançant ses prévisions de hausse de taux directeurs à deux dès 2023 alors qu’en mars la première était attendue en 2024. Le chemin haussier des taux américains est donc tracé mais il restera graduel.

Si la Banque Centrale Européenne a largement révisé à la hausse ses prévisions de croissance pour les dernières semaines, la remontée en cours du taux d’inflation en Eurozone est sans commune mesure avec celle en cours aux Etats-Unis et tout porte à croire qu’elle sera transitoire. A la différence des Etats-Unis, le taux d’inflation repassera largement sous 2% en début d’année prochaine.

Pour la BCE, parler de réduction de son soutient est donc encore bien trop précoce et nous pensons qu’elle restera durablement présente sur les marchés obligataires et maintiendra un environnement de taux bas plus longtemps que ce ne sera le cas aux Etats-Unis.

Cette différence probable de comportement entre banques centrales a suscité un regain d’appétit brutal pour le dollar. La suite du mouvement haussier devrait être plus douce et liée à l’amélioration des indicateurs suivis par la Fed ainsi qu’à la validation de la relance budgétaire par le Congrès.

Le paysage ainsi posé, restent maintenant les entreprises et leurs résultats. Ceux-ci sont attendus en très fort rebond pour 2021 et en belle croissance pour 2022.

Quelques chiffres : croissance des bénéfices par action en Europe en 2021 +68,2% et +11,9% en 2022, avec parmi les grands pays Allemagne à 103,5% en 2021, puis 9,7% en 2022, France à +97,8% en 2021 puis 11,9% en 2022, l’Italie est à +43,1% en 2021 et 18,4% en 2022.

C’est à la lumière de ces attentes et de celles des Etats-Unis (+42,0% en 2021 et +9,6% en 2022) et de la Chine (+7,4% en 2021 et 33,4% en 2022) que nos choix stratégiques pour la période à venir donnent une préférence à l’Europe. Les Etats-Unis, la Chine et les pays émergents ont rebondi plus tôt, plus fort que l’Eurozone alors que le risque de hausse des taux nous semble moindre sur notre continent.

Et nous attendons dès la fin de ce mois de très belles surprises lors des publications des résultats du second trimestre 2021 des entreprises européennes, la croissance les ayant surpris par rapport aux communications qu’elles avaient faites fin avril à la publication des chiffres de leur premier trimestre.