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Les commentaires de nos équipes
POINT MACRO

Chiffres contradictoires, visibilité réduite

25 avril 2022

Les indices PMI publiés la semaine dernière ont tous été meilleurs qu’attendu. La réouverture progressive post pandémie faisant plus que compenser les vents contraires du conflit ukrainien qui avaient sans doute été exagérés le mois dernier en l’absence d’expérience d’un tel cataclysme. Peut-être aussi est-on devant une accélération de la demande en anticipation de hausses des prix.

Le message des entreprises va dans le même sens : les résultats publiés pour le 1er trimestre sont meilleurs que les attentes et il n’y a pas dans la communication des sociétés de mises en garde sur un ralentissement qui se profilerait.

Compte tenu du caractère prospectif des PMI, il semble désormais probable que les 2ème et 3ème trimestre connaîtront un bon niveau d’activité.

Mais ceci est sous réserve que la guerre en Ukraine ne change pas de dimension.

La visibilité demeure réduite d’autant que sur l’autre front, celui de l’inflation, la partie vient seulement d’être engagée.

 

Selon son estimation flash, l’indice PMI composite S&P de l’Eurozone s’est redressé de 54,9 en mars à 55,8 en avril, indiquant ainsi la plus forte croissance de l’Eurozone depuis septembre 2021. Reflétant un environnement un environnement plus favorable à la demande, la hausse du volume des nouvelles affaires s’est accélérée au cours du mois, ce malgré une 2ème baisse consécutive de la demande en provenance de l’étranger.

Les tendances ont fortement divergé selon les secteurs. Dans les services (57,7 vs 55,6) l’activité a enregistré sa plus forte expansion depuis août, portée par une amélioration de la situation sanitaire et la levée consécutive de certaines restrictions. Le nombre de nouveaux contrats obtenus par les, prestataires de services a également enregistré sa plus forte augmentation depuis août, poussé à la hausse par le raffermissement de la demande. Ce regain d’expansion s’est appuyé sur une forte reprise des activités de tourisme et de loisirs, celles-ci ayant affiché une augmentation sans précédent en avril.

Dans le manufacturier en revanche, l’enquête signale une croissance plus modeste. L’activité a progressé (55,3 vs 54,5) à un rythme moins soutenu qu’en mars dans l’ensemble des sous secteurs à l’exception de celui des équipements technologiques.

Les niveaux d’activité ont également suivi des trajectoires différentes suivant les pays. En Allemagne, le taux de croissance de l’activité s’est replié à un creux de 3 mois, la plus forte augmentation des services depuis août 2021 n’ayant pas permis de compenser la 1ère baisse de la production depuis juin 2020 dans l’industrie manufacturière. En France en revanche l’expansion a accéléré en avril (57,5 vs 56,3) et a atteint son plus haut niveau depuis janvier 2018, portée par le maintien d’une croissance modeste dans l’industrie (55,4 vs 54,7) et par la plus forte hausse de l’activité dans les services depuis le début 2018 (58,8 vs 57,4).

Portée par les performances des services, la croissance s’est également renforcée dans le reste de la zone, son taux atteignant un sommet de 5 mois.

L’emploi a enregistré sa plus forte progression depuis 5 mois malgré les pénuries de main d’œuvre.

Ces difficultés de recrutement, conjuguées aux pénuries de matières premières, ont entrainé une nouvelle accumulation marquée des affaires en attente. Si les fabricants ont signalé la plus faible hausse de leurs arriérés de production depuis 18 mois, les prestataires de services ont fait état de la plus forte augmentation du travail en cours depuis juillet 2021.

Malgré le renforcement des tensions inflationnistes, les difficultés d’approvisionnement et la guerre en Ukraine, les perspectives d’activité à 12 mois se sont légèrement améliorées en avril. C’est dans les services que le degré d’optimisme a été le plus élevé, les prestataires comptant sur la demande accumulée durant la pandémie pour soutenir leur niveau d’activité. Si la confiance s’est également renforcée dans l’industrie, les perspectives de croissance sont demeurées nettement moins favorables que celles des 2 dernières années.

La confiance des consommateurs en Eurozone, mesurée par la Commission Européenne, a également surpris dans le bon sens, passant de -18,7 en mars à -16,9 en avril alors que le consensus des attentes était à -20,0. Divers sous indices, réservations de restaurant, mobilité vers les loisirs ou centres commerciaux, montrent que pour le moment l’invasion de l’Ukraine n’entraîne pas de restrictions de consommation alors que l’épargne accumulée en 2020 et 2021 n’a pas encore été entamée.

Aux États-Unis, le S&P flash US composite PMI reste à des niveaux élevés (55,1 vs 57,7), la surprise étant la hausse de l’activité manufacturière à 59,47 vs 58,8 alors que l’activité des services a ralenti (54,7 vs 58,0).

L’emploi continue de fortement progresser et les bénéficiaires du chômage, à 1,417M pour la semaine du 9 avril, sont à leur plus faible niveau depuis février 1970 alors qu’en 50 ans la population a augmenté de 50% !

De fait, le Leading Economic Index du Conference Board monte de 0,3% en mars à 119,8 après une progression de 0,6% en février. Le momentum économique reste robuste en dépit de vents contraires ;

L’endroit où ces vents contraires se font le plus sentir, c’est l’immobilier résidentiel. Les taux hypothécaires à 30 ans, les plus communs, ont atteint 5,39% la semaine dernière, au plus haut depuis avril 2010. Depuis la fin 2021, leur hausse est de 192bp, ce qui représente pour un crédit de taille médiane un remboursement supplémentaire de 316$/mois, une hausse de 26% !

En conséquence les demandes de crédits hypothécaires plongent et les ventes de logements reculent depuis ces derniers mois car le taux d’accès se réduit entre hausse des prix et des taux. Ceci se reflète dans le sentiment des promoteurs (NAHB, National Association of Home Builders) qui, décline pour le 4ème mois consécutif.

Selon EPFR Global, les rachats continuent dans la semaine du 14 au 20 avril sur les ETF et fonds actions (-17MM$), si les rachats sont très importants sur les actions américaines (-17,4MM$), ils continuent pour une 10ème semaine consécutive sur les actions européennes (-2,8MM$), la collecte y restant cependant positive depuis le début de l’année, alors que l’Asie (+0,8MM$) et les marchés émergents (+2,7MM$) collectent.

La semaine dernière, le consensus IBES des prévisions bénéficiaires sur le Stoxx600 européen a vu des révisions à la hausse de 0,4% pour 2022 et 2023. Les attentes pour 2022 sont désormais à +11,4% contre +7% début janvier, et à +5,7% pour 2023. Le multiple à 12 mois est de 13,5X.

Au niveau sectoriel, forte révision à la baisse des banques (-0,7%) alors que les révisions à la hausse restent fortes pour l’énergie (+3,4%) et les produits de base (+2,4%).

Semaine plus positive pour nos fonds, en particulier Erasmus Mid Cap Euro et FCP Mon PEA qui continuent à réduire leur retard.

Pour Erasmus Mid Cap euro, Léa réduit le poids de la trésorerie en portefeuille par les achats d’Alstom et d’Encavis, producteur d’électricité à partir de sources d’énergie renouvelables basé en Allemagne, parcs solaires et éoliens.

Aymeric a lui profondément modifié le portefeuille d’Erasmus Small Cap Euro avec les ventes de Basic Fit, Esker et Kerlink, pour acheter deux SSII françaises, Aubay et SII, Voyageurs du Monde pour profiter de l’envol des réservations pour les vacances, Fagron NV entreprise belge du secteur de la santé qui développe, commercialise et distribue des produits et services à destination des professionnels et institutions et l’italien GPI, spécialiste des logiciels pour les secteurs de la santé et de l’assistance sociale, hôpitaux publics et privés ou maisons de retraite.

 

Bonne semaine à tous,

Jean-François GILLES

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