Les commentaires de nos équipes
Point Macro
Statistique et stratégie
D’un côté des États-Unis il n’y a pas de fléchissement du marché du travail comme l’ont confirmé les chiffres du rapport sur l’emploi pour le mois de septembre.
De l’autre le ralentissement économique semble bien s’accélérer en Eurozone, même si, comme pour l’inflation il semble que la France soit épargnée par rapport à ses voisins.
Il en découle un grand confort pour la, Federal Reserve à amplifier son resserrement monétaire comme plusieurs membres du FOMC en ont témoigné cette semaine. De ce fait, la lutte contre l’inflation est bien engagée et semble porter quelques premiers fruits. Les futures indiquent un niveau pour les taux directeurs de 4,60% en mars, mais aussi et c’est l’espoir, une première baisse d’ici la fin 2023. Dès lors il n’y a pas à attendre de faiblesse du $ dans l’immédiat.
En effet, dans le même temps, la BCE est contrainte par une situation économique plus préoccupante et l’incertitude que l’invasion de l’Ukraine font peser sur les trimestres à venir.
En Eurozone aussi la lutte contre l’inflation s’impose et passe par des hausses de taux directeurs de la BCE, mais dans un contexte beaucoup plus contraignant.
Eurozone
- Les PMI S&P composite (5/10) ont reflété la plus forte contraction de l’activité de la zone depuis janvier 2021 en septembre à 48,1 (48,9 en août). L’activité diminue tant dans l’industrie que dans les services, les fabricants enregistrant toutefois le plus fort recul. Le volume des nouvelles affaires diminue et les premières annulations de commandes apparaissent.
- Le classement des pays par niveau d’indice PMI pour septembre est le suivant : Irlande 52,2, France 51,2, Espagne 48,4, Italie 47,6 et Allemagne 45,7. Il faut noter qu’à contre courant, Irlande et France sont en accélération.
- La demande, tant domestique qu’en provenance de l’étranger, a très fortement reculé du fait de la dégradation de la conjoncture économique et les perspectives d’activité se sont repliées à leur plus bas niveau depuis le début de la pandémie en 2020.
- Le recul de la confiance s’est reflété dans les décisions d’embauche en septembre, les créations de postes ayant en effet affiché leur rythme le plus faible depuis 18 mois.
- En France, la légère accélération de la croissance de l’activité, 51,2 vs 50,4 en août, s’est toutefois accompagnée d’une accentuation des tensions inflationnistes.
- Malgré l’affaiblissement de la demande, les entreprises françaises ont fortement augmenté leurs effectifs en septembre, le taux de création de postes atteignant un sommet de 3 mois.
- La production industrielle française (5/10) a d’ailleurs progressé de 2,4% en août après un recul de 1,6% en juillet alors que les attentes étaient à 0. Ceci confirme qu’à l’approche de l’hiver l’économie française est mieux placée que les économies allemandes et italiennes qui sont cependant ses premiers clients et fournisseurs.
- Selon l’INSEE (6/10) dans sa note de conjoncture mensuelle, le PIB français aurait progressé modestement au T3 (+0,2% attendu après +0,5% au T2). Pour le T4, le scénario proposé par l’INSEE (stabilité du PIB, soit 0%) est intermédiaire entre la croissance qui pourrait encore être attendue au vu de la résilience relative du climat des affaires et un éventuel repli de l’activité en cas par exemple de contraintes fortes sur les approvisionnements en énergie. En moyenne annuelle, le PIB français augmenterait de 2,6% en 2022.
Etats-Unis
- Le rapport sur l’emploi pour le mois de septembre (7/10) avec la création de 263K postes, sans révision du mois d’août mais avec une modeste révision à la hausse de juillet, continue de refléter un marché du travail américain extrêmement fort qui va conforter la Fed dans une hausse de son taux directeur de 75bps en novembre.
- Le taux de chômage revient à 3,5% vs 3,7% et la pression sur les salaires diminue, leur évolution annuelle passant de 5,2 à 5,0% (vs 3,0% avant la pandémie), la durée hebdomadaire du travail restant stable à 34, heures. Tous les taux de chômage diminuent, celui des Afro-américains 5,8% vs 6,4%, des hispaniques 3,8% vs 4,5%, des non diplômés à 5,6% et des personnes n’ayant pas suivi d’enseignement au-delà des high schools à 3,7%.
- Déjà l’ISM des services (5/10) avait fait preuve de résilience à 56,7, marginalement plus bas qu’en août (56,9) mais bien au-dessus du consensus (56,0), avec toujours des embauches ;
- Mais le rapport JOLTS (Job Openings and Labor Turnover Statistics du 4/10) semble cependant indiquer un recul des offres d’emplois à 10,1 millions vs 11. Le ratio emploi offert par chômeur passe de 2 à 1,7 en août, le plus bas depuis novembre 2021.
- L’action de la Fed se fait aussi sentir sur la masse monétaire M2 dont la croissance est passée d’un pic de 26,9% en février 2021 à 4,1% en août 2022 au plus bas depuis avril 2019.
- Autre effet de l’action de la Fed sur les taux, le crédit hypothécaire à 30 ans a franchi (5/10) la barre de 7% à 7,03% au plus haut depuis juin 2006, entraînant une nouvelle chute des demandes de crédits hypothécaires et un recul en août des dépenses de construction (3/10).
Asie
- La fabrique du monde ralentit à son tour. Les PMI manufacturiers chinois, japonais et coréen sont passés en septembre sous le niveau de 50 et même 45 pour la Corée du Sud, mais de ce fait les délais de livraison se sont beaucoup réduits.
- Par contre le PMI des services du Japon, du fait de la réouverture post nième vague du Covid, est passé de 49,5 en août à 52,2 en septembre avec hausse des commandes, de l’emploi et des perspectives.
Marchés et Fonds
- Le consensus IBES pour le Stoxx600 européen a vu cette semaine les plus fortes révisions à la hausse depuis août à 0,9% pour 2022 et 0,8% pour 2023 pour les BPA et 0,7% pour les ventes des deux années.
- Les attentes de BPA sont désormais à +18,6% pour 2022 et +2,7% pour 2023. Le multiple 12 mois forward est à 10,8X.
- Au niveau sectoriel, l’énergie +3,5% et la santé +1,7% tirent les révisions, la distribution étant par contre revue à la baisse de -2,3%.
- Une semaine plutôt satisfaisante pour nos fonds, tous en hausse, et avec une belle surperformance pour Erasmus Mid Cap Euro (+1,55% vs +0,65% pour sa référence indicielle).
Bonne semaine à tous,
Jean-François GILLES