Les commentaires de nos équipes
Point Macro
Le verre à moitié plein
Au programme cette semaine, ni une inflation américaine moins docile que prévu ni l’embrasement géopolitique ne viennent enrayer l’excellente dynamique des marchés. Le Marché préfère voir le verre à moitié plein. D’autant plus que les premiers résultats du troisième trimestre sont encourageants.
Le biais de la semaine
Une petite définition pour commencer. Parmi les nombreux biais de l’être humain, il en existe un particulièrement insidieux pour les investisseurs. Le biais de confirmation est une tendance naturelle chez les êtres humains à privilégier les informations qui confortent leurs préjugés, leurs idées reçues, leurs convictions, leurs hypothèses. Rien de tel qu’un exemple pour mieux comprendre. Depuis le début de l’année, le marché semble déterminé à monter. La consigne est donc de ne se concentrer que sur les bonnes nouvelles et d’oublier, le plus rapidement possible, les mauvaises nouvelles.
La semaine dernière n’a pas fait exception. L’inflation américaine est ressortie au-dessus des attentes, à 2,4% contre 2,3% attendu, venant mettre un petit grain de sable dans les rouages du parfait Soft Landing espéré par beaucoup. C’est un signal négatif, qui va probablement forcer la Fed à se limiter à une seule baisse des taux à sa prochaine réunion, contre deux initialement espérées.
Mais cette mauvaise surprise a été balayée d’un revers de la main par les investisseurs actions, avec une hausse des indices de part et d’autre de l’Atlantique, comprise entre 1 et 3 %. Cette mise à l’écart est d’autant plus surprenante quand on voit que le marché de taux, lui, a réagi de façon beaucoup plus rationnelle avec une hausse des taux américains de 25 points de base sur la semaine.
Autre source d’inquiétude complètement ignorée, la géopolitique. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui ont eu pour conséquence une nouvelle hausse de près de 3% du baril de pétrole, n’ont pas le moins du monde affecté le moral des investisseurs.
Quel sont les points à surveiller ?
Nous conservons une exposition en milieu de nos fourchettes d’allocation. Il est toujours dangereux d’aller contre le marché, surtout que les éléments mentionnés n’ont pas pour l’instant vocation à peser durablement sur les résultats à venir des entreprises. Mais nous surveillons deux choses, qui sont, pour nous les deux risques principaux aujourd’hui, géopolitique mise à part :
- Le comportement du consommateur américain: il ne faut jamais oublier que le consommateur américain représente 70% du PIB des Etats-Unis, soit près de 20% du PIB mondial. Il a porté la croissance américaine en puisant dans ses économies ces dernières années, il faut surveiller comment son comportement va évoluer au cours des prochains trimestres. D’un côté la baisse des taux peut lui redonner des marges de manœuvre, mais d’un autre, son épargne est à sec.
- Le rythme de baisse des taux de la BCE : Nous restons convaincus que la BCE prend le risque d’être « derrière la courbe ». C’est-à-dire qu’elle prend le risque d’agir trop tard, ou pas de façon suffisamment marquée dans son rythme de baisse des taux. Le risque inflationniste est selon nous beaucoup plus faible en Europe qu’aux Etats-Unis mais la croissance est aussi beaucoup plus à risque. La BCE doit, selon nous, accélérer son rythme de baisse des taux, si elle ne veut pas gripper durablement l’appareil productif européen.
Et sinon ?
Nouvel épisode dans la série de la guerre commerciale. Dans l’épisode précédent, les Européens avaient pris leur courage à deux mains pour imposer des droits de douane sur les véhicules chinois. La réponse n’a pas tardé. La Chine a imposé des mesures antidumping sur certains spiritueux européens, touchant Rémy Cointreau et LVMH, entre autres. La suite, la semaine prochaine ?
La Chine toujours. Ce week-end, dans sa prise de parole, le ministre des Finances chinois n’a pas su répondre aux attentes élevées, en raison notamment d’absence de détails chiffrés sur son plan de relance. Nous en saurons probablement davantage lors du Congrès qui devrait se tenir d’ici la fin du mois. Cela freine légèrement le flot de bonnes nouvelles venues des multiples plans de relance chinois. Mais pas d’effondrement, après un début de séance timide, le marché chinois a quand même clôturé en hausse.
En France, le gouvernement a dévoilé son projet de budget 2025. 42 milliards d’euros d’économies sont prévus, principalement, sans grande surprise, sous la forme de hausses d’impôts. A surveiller : la surtaxe temporaire pour les sociétés générant plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires (taux à 30,15 %) et celles dépassant trois milliards (35,3 %).
Enfin, les premiers résultats d’entreprise ont eu lieu et ils sont bons. BlackRock affiche un T3 au-dessus des attentes, grâce notamment à une belle croissance des actifs sous gestion. JPMorgan fait également mieux que les attentes, grâce à la bonne santé de l’économie américaine.
Cette semaine, dès demain, nous suivrons avec grande attention les résultats de LVMH. Le trimestre a été, selon toute vraisemblance, une nouvelle fois difficile, notamment en Asie ou une nouvelle décroissance organique à deux chiffres est attendue. Ce sont les éventuels commentaires pouvant indiquer qu’un point bas a été atteint qu’il faudra surveiller.
Nous vous les commenterons, avec plaisir, la semaine prochaine.