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Point Macro
Combat au sommet : Politique vs Economie
Un combat passionnant se joue aux Etats-Unis, avec les taux américains en arbitres : la politique s’oppose à l’économie. A moins d’avoir été complètement coupé du monde, il ne vous aura pas échappé que nous entrons dans une semaine décisive. D’ici la fin de la semaine, la Maison Blanche pourrait (ou non) changer de couleur. Et, comme toujours, les marchés tentent de deviner l’issue.
Alors, quels sont les scénarios et quels seront leurs impacts sur l’économie américaine ?
Quatre configurations émergent : une vague bleue ou rouge (victoire d’un parti pour la présidence et les deux chambres), ou un résultat divisé (présidence d’un parti, chambres partagées).
- Scénario d’un Congrès divisé : Le scénario qui génèrerait le moins de vague, selon nous. Il faut attendre, un compromis limité sur les impôts et une politique commerciale plus dure en cas de victoire de Trump par rapport à Harris.
- Vague bleue : Hausse d’impôts qui financerait (en partie) un programme assez ambitieux de dépense portant sur les énergies renouvelables, l’éducation et le logement. Cela serait assez positif pour la croissance, mais mauvais pour le déficit et l’inflation.
- Vague rouge : les maîtres mots seraient : baisses d’impôts et droits de douanes. Mais les deuxièmes, malgré des niveaux très élevés (60% avec la Chine) ne compenseraient que très partiellement les premiers. D’autant plus que le plan de relance se baserait sur beaucoup de dérégulation, notamment sur les secteurs de l’énergie ou des banques. Certes l’impact pourrait être positif sur la croissance, mais il serait cataclysmique pour le déficit, bien sûr, mais aussi l’inflation.
Et c’est là où la lecture des marchés financiers est intéressante. Cette élection se passe dans un contexte particulier, la Fed ayant clairement indiqué son souhait de baisser ses taux dans les trimestres à venir. D’ailleurs, les chiffres économiques de la semaine dernière semblent lui donner raison. La croissance ralentit aux Etats-Unis, avec une progression de 2,8% en glissement annuel au 3e trimestre, en-dessous des attentes (3%). Surtout, les créations de poste sont au plus bas depuis 2020.
Dans ce contexte, les taux devraient être résolument baissiers. Le graphique ci-dessous montre le parcours historique des taux à 10 ans américains dans les mois qui ont suivi la première baisse des taux. Toute la singularité de la situation ressort. Les taux à 10 ans américains ont progressé de 74 centimes depuis la baisse de septembre. Un record. Pourquoi ? Parce que la cote de Trump n’a fait que progresser ces dernières semaines, avec le risque de l’explosion de l’inflation s’il est élu.
D’ailleurs, après quelques sondages plus positifs pour Harris ce week-end, les taux reperdaient 7 centimes dans les premiers échanges ce matin.

La politique remporte très clairement le combat contre l’économie. Pour ce qui est du match Harris Trump, rendez-vous la semaine prochaine.
Dans notre Gestion sous Mandat et sur notre fonds Erasmus Capital Plus, nous avons notamment fait le choix, devant l’incertitude sur la direction des taux, d’augmenter notre pondération Monétaire, au détriment de notre poche obligataire. Et sur notre poche obligataire, nous privilégions depuis plusieurs mois des fonds à taux variables, qui offrent une meilleure protection contre les hausses de taux.
Et le reste du monde, dans tout ça ?
Ce n’est pas Byzance, mais pour la troisième semaine d’affilée, l’Europe résiste mieux que prévu. L’Allemagne évite la récession, déjà. Le PIB du 3e trimestre progresse de 0,2%, après un deuxième trimestre à -0,3%. La France, elle, bénéficie du coup de pouce olympique et voit son PIB progresser de 0,4%. Au total, la zone euro a progressé de 0,4%, donc 1,6% en rythme annualisé, soit, peu ou prou, sa croissance potentielle.
En revanche, le combat n’est donc pas tout à fait gagné pour la BCE, qui doit toujours surveiller l’inflation dans son rétroviseur. Elle remonte sur les 2% en rythme annualisé, contre 1,7% en septembre. Hors énergie, les prix ont même progressé de 2,7% en un an.
En Asie, les récentes mesures du gouvernement chinois semblent porter leurs fruits. L’indice PMI manufacturier officiel a progressé pour passer la barre des 50, signalant une activité en légère expansion. Pékin continue d’annoncer de nouvelles mesures pour soutenir l’économie ce qui entretient le renouveau aperçu depuis quelques semaines.
Nous restons convaincus que la diversification géographique doit rester la pierre angulaire d’une allocation réussie. Certes les Etats-Unis ont été les moteurs de la performance boursière ces dernières années mais il serait risqué d’exclure totalement une hypothèse de rattrapage partiel.
Pour conclure, la semaine sera (encore) rythmée par les Etats-Unis. Entre les élections, la réunion de la Fed, la poursuite des résultats des entreprises, les jours qui viennent s’annoncent charger. Nous vous commenterons tout ça, avec plaisir, la semaine prochaine.