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Point Macro

2025, l'année de l'Europe ?

8 janvier 2025

En ce début janvier, il est l’heure de faire le traditionnel bilan de ces derniers mois, mais surtout d’esquisser les contours de ce que pourrait être l’année 2025. Après une année aux accents américains, analysons ensemble les éléments qu’il va falloir suivre et quelles planètes doivent s’aligner pour que notre vieille Europe retrouve le chemin de la surperformance.

Etats-Unis 17 – Reste du Monde 3 – Europe 0

L’Europe a complètement disparu des radars. La chute quasi ininterrompue de LVMH et celle, spectaculaire, de Novo Nordisk en fin d’année, ont eu une conséquence assez révélatrice de la situation actuelle : aucune société européenne n’est présente dans le classement des 20 premières capitalisations au monde.

Un top 20 largement dominé par les Etats-Unis, qui placent 17 entreprises, dont les 5 plus grosses et 9 des 10 plus grosses. Seuls Aramco (6e), TSMC (11e) et Tencent (16e) viennent briser l’hégémonie.

Tous les regards tournés vers les États-Unis

Cela en devient presque caricatural. En 2024, l’Amérique du Nord a attiré l’essentiel des flux. Difficile de blâmer les investisseurs, tant la résistance de l’économie américaine a été remarquable. N’oublions pas qu’au début de l’année 2023, 85 % des économistes anticipaient une récession aux États-Unis dans les 12 mois suivants. Deux années avec des croissances proche de 3% plus tard, ils n’attendent plus qu’un léger tassement à 2,5% pour 2025.

L’élection de D. Trump, résolument pro marché, a eu pour conséquence un effet richesse avec la forte hausse des cours de bourse et des cryptomonnaies. Le tout combiné à des annonces de baisse d’impôts à venir. Il n’en fallait pas plus pour rendre le consommateur américain plus optimiste que jamais. Même après avoir dépensé ses bas de laine hérités des chèques Covid, le rythme de dépense n’a pas ralenti, allant même à recourir à des prêts complémentaires.

Le schéma est simpliste mais redoutablement efficace. Le consommateur américain est confiant, donc il dépense, donc l’économie progresse, donc des emplois se créent et les salaires progressent. La prophétie autoréalisatrice par excellence, qui fait rêver tous les ministres de l’Economie.

Et le moins qu’on puisse dire c’est que boursièrement cette belle résistance a été récompensée. La performance depuis le 1er janvier 2023 a été de 92 % sur le Nasdaq, 57 % sur le S&P 500, contre 18 % pour le Stoxx 600, 12 % pour le CAC 40 et 4 % pour l’indice chinois.

Il faut dire que l’Europe et la Chine notamment n’ont rien fait pour attirer les flux et c’est un doux euphémisme.

La Chine a été empêtrée dans une crise immobilière de laquelle elle a beaucoup de mal à sortir, malgré les multiples annonces des plans de relance. La consommation interne est en baisse, le spectre d’une japonisation ne fait que progresser, avec un vieillissement de la population qui s’accélère et des perspectives de tensions commerciales avec les Etats-Unis qui inquiètent.

L’Europe a décrété qu’être le plus mauvais élève en classe de croissance économique ne suffisait pas et a décidé de saupoudrer tout ça d’une crise politique majeure chez ses deux (anciennes) locomotives, la France et l’Allemagne. Si on ajoute à cela une incapacité structurelle à innover, avec des budgets R&D en moyenne deux fois inférieurs en pourcentage du PIB qu’aux Etats-Unis, une incapacité à s’entendre pour des plans de relance et une obsession pour la régulation exacerbée, on obtient la triste situation actuelle.

Le deuxième niveau de pensée

Pourtant, nous avons fait le choix d’avoir une pondération équilibrée dans nos allocations, entre l’Europe et les Etats-Unis. Pourquoi ? parce que nous pensons qu’une grande partie de ces scénarios est déjà intégrée dans les cours.

Examinons les valorisations actuelles.

En résumé, le marché semble considérer que l’exécution des annonces de la future administration Trump sera quasi parfaite, sans riposte des pays éventuellement touchés par des droits de douane, sans dérive inflationniste et avec une Fed toujours accommodante.

Et, le marché anticipe que l’Europe continuera de s’enfoncer dans une crise politique, géopolitique et économique en 2025. Que l’élection anticipée en Allemagne n’accouchera pas d’un programme de relance suffisamment ambitieux. Que la France restera engluée dans son impasse politique et que M. Macron restera solidement accroché aux commandes. Que le conflit Russie / Ukraine ne connaîtra pas de dénouement satisfaisant. Et que les quatre baisses des taux (probables) à venir de la BCE ne suffiront pas à relancer l’activité qui est déjà sur des points bas.

Ce tableau que nous venons de dépeindre est, bien évidemment, tout à fait envisageable. Mais nous envisageons plutôt quelque chose de plus tamisé. Avec, peut-être, quelques graviers dans les bottes de l’Oncle Sam et quelques vents moins contraires pour le voilier européen. C’est la raison pour laquelle nous débutons l’année avec une allocation équilibrée entre les deux zones.

Mais tout peut changer rapidement et nous n’hésiterons pas à faire évoluer nos positions si nécessaire au cours de l’année. Nous serons ravis de partager avec vous, semaine après semaine nos analyses et notre suivi des thématiques que nous jugeons clés pour 2025:

  1. La vigueur de la croissance américaine, dépendante de la résilience du consommateur
  2. L’inflation américaine et l’impact éventuel qu’elle aura sur la Fed
  3. La mise en place du programme de l’administration Trump
  4. La géopolitique : avec les deux foyers Russie / Ukraine et Iran / Israël
  5. Un éventuel plan de relance européen
  6. En toile de fond, la question de l’impact de la transition climatique qui reste clé

Année prometteuse pour Erasmus Gestion

Quelques mots pour finir sur notre société Erasmus Gestion.

En 2024, nous avons vécu une évolution marquante avec le passage de relais des fondateurs historiques, Jean-Pierre Gaillard et Jean-François Gilles, à leurs collaborateurs, soutenus par Emmanuel Pateyron, un fin connaisseur de la maison et stratégiste reconnu.

Cette transition s’est parfaitement déroulée et nous sommes heureux d’avoir préservé notre indépendance. Nous avons également pu travailler sur de nombreux nouveaux projets que Margaux et Fatiha vous présenteront dans les mois à venir.

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