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Point sur les valeurs
Hermès, encore un 20/20
Pour son rendez-vous de la Saint-Valentin avec les investisseurs, Hermès n’a pas déçu. Malgré des attentes élevées pour ce quatrième trimestre, la maison de luxe affiche une croissance impressionnante de +18 %, clôturant l’année avec une progression de +13 % (+15 % en organique). Une performance d’autant plus remarquable dans un contexte économique et géopolitique incertain, surtout en comparaison avec ses concurrents européens, comme LVMH, dont la croissance organique s’est limitée à +1 % sur la même période (quatrième trimestre).
Toutes les zones géographiques ont contribué à cette dynamique, avec un marché américain vigoureux (+22 %) et une progression plus modérée en Asie-Pacifique (+8,9 %). Hermès continue de bénéficier de son positionnement ultra-premium, porté par l’essor de la maroquinerie (+22 %) et la solide performance de l’ensemble de ses métiers, à l’exception de l’horlogerie, qui progresse plus timidement (+2,6 %).
Grâce à une génération de trésorerie excellente, le groupe est en mesure de verser un dividende extraordinaire en plus de son dividende ordinaire. Seule ombre au tableau, une légère contraction de la marge opérationnelle (-160 points de base) sur l’année.
Les perspectives pour 2025 restent solides, avec un mois de janvier en ligne avec les tendances de fin 2024. Hermès conserve un pricing power important, lui permettant d’ajuster ses prix pour compenser l’inflation.
La question clé pour les investisseurs demeure : comment valoriser une entreprise qui paraît en mesure d’afficher une croissance annuelle à deux chiffres, indépendamment du climat économique, tout en conservant une rentabilité exceptionnelle ?
À titre de réflexion, la capitalisation boursière d’Hermès atteint 300 milliards d’euros, soit 84 % de celle de LVMH, alors que son chiffre d’affaires n’en représente que 18 % et son résultat net 37 %. Cet écart de valorisation interroge… mais s’explique en partie par le positionnement plus qualitatif d’Hermès, qui excelle tant en termes de rentabilité et de génération de trésorerie que de dynamique de croissance. En 2024, tandis que le résultat net de LVMH reculait de -17 %, celui d’Hermès progressait encore de +6,8 %.
Pour rappel, nous sommes actionnaires d’Hermès à travers notre fonds FCP Mon PEA.
Paul Devaux