Les commentaires de nos équipes
Point Macro
Le calme avant la tempête
COMMUNICATION
Erasmus gestion devient Erasmus Asset Management
Avant d’évoquer l’actualité des marchés, nous avons le plaisir de partager une grande nouvelle : Erasmus entre dans une nouvelle étape de son histoire.
Avec le lancement de notre fonds fermé EDL 2030, le renforcement de notre expertise grâce à l’arrivée de nouveaux talents et notre installation dans de nouveaux locaux, nous avons souhaité marquer ce tournant. Ce changement s’accompagne d’une identité repensée, Erasmus AM, qui reflète pleinement notre cœur de métier : la gestion d’actifs.
Allons-y pour l’actualité des marchés !
Circulez, il n’y a rien à voir ! Alors qu’il était légitime de craindre un été agité, il n’en a rien été. Des marchés en hausse, une volatilité en berne, des taux résolument plus calmes : un environnement idéal. Cerises sur le gâteau, Powell a ouvert la porte vendredi à une baisse des taux et Nvidia a battu les attentes. Tout va bien dans le meilleur des mondes ? Pas si vite. Quelques nuages demeurent dans ce ciel bleu azur.
Un été au chaud
Si vous n’avez pas ouvert un journal ou regardé les marchés de l’été, j’ai une excellente nouvelle pour vous : vous n’avez rien raté !
Globalement :
- Les actions ont progressé, à un rythme compris entre 2 et 4% selon les régions : à noter que les Etats-Unis ont fait mieux que l’Europe sur la période.
- Le marché des taux s’est stabilisé : le taux à 10 ans américain est resté stable autour de 4,25 %, la petite envolée vers les 4,50 % de juillet a vite été oubliée.
- Le pétrole est resté stable autour de 65 dollars le baril, preuve que, malgré les gros titres, les choses n’ont finalement pas bougé sur l’échiquier géopolitique.
- L’or a continué de progresser, avec une hausse d’environ 3 % au cours de l’été : les investisseurs continuant de considérer la relique barbare comme une bonne couverture face à l’incertitude ambiante.
- Même le dollar a cessé de chuter, allant même jusqu’à tenter rebond par rapport à l’euro sur les 1,14 avant de se stabiliser autour des 1,17, soit peu ou prou son niveau de fin juin.
Tout cela s’est fait dans un contexte de volatilité en berne, avec un « indice de la peur », le VIX qui retrouve ses plus bas historiques après son envolée de début avril.

Le Marché attendait patiemment LE gros événement du mois d’août, la réunion des Banquiers Centraux à Jackson Hole. Et surtout, la réponse à la question à un trillion de dollars : est-ce que Jérôme Powell allait ouvrir la porte à une baisse des taux pour la réunion de septembre ?
Petit manuel des éléments qu’il fallait avoir en tête :
- Pour rappel, le mandat de la Fed est double : elle doit garantir la stabilité monétaire (inflation contenue), mais elle doit aussi maintenir un bon niveau d’activité économique.
- Dire que Jérôme Powell a subi quelques pressions de la part du gouvernement américain pour enclencher une baisse des taux est un doux euphémisme. Trump vit comme une trahison les décisions prises par celui qu’il avait nommé en 2017. Et pas une semaine ne passe sans son lot d’invectives et de menaces de destitution. C’est un risque majeur: la perte perçue de l’indépendance de la Fed pourrait peser durablement sur le dollar et sur la crédibilité du pays.
- Pourtant, les inquiétudes sur l’inflation restent fortes. L’indice des prix à la production, en août, fait de la résistance (+4 %), alors même que l’impact des droits de douane ne s’est pas encore complètement fait sentir, les industriels américains ayant surstocké par anticipation au cours du deuxième trimestre. Autre source d’inquiétude: l’indice du Michigan, qui reprend les attentes d’inflation sur un an des consommateurs américains, remonte à presque 5%.
- Certains éléments montrent tout de même des signes d’essoufflement de l’activité économique : le rapport sur l’emploi, notamment, était assez nettement en dessous des attentes.
Alors que peut-on conclure du discours de Powell ?
Au plus grand plaisir des marchés actions, il a surtout insisté sur le ralentissement du marché de l’emploi, ouvrant, de facto, la porte à une baisse des taux en septembre, qui devrait être suivie par une deuxième baisse d’ici la fin de l’année.
Cette décision a été saluée par une nette hausse des marchés américains vendredi dernier.
Quelques nuages
La dernière planète va donc, selon toute vraisemblance, s’aligner.
Quasiment partout, la politique fiscale et la politique monétaire seront unies en soutien de l’activité économique. Aux Etats-Unis, en Europe et en Chine, il y aura une combinaison de plan de relance et de politique de baisse des taux.
Pour sublimer cette toile de maître, la microéconomie est en soutien : Nvidia a publié d’excellents résultats ce mercredi, faisant légèrement mieux que des attentes pourtant stellaires !
Un environnement parfait pour voir les marchés poursuivre inlassablement leur hausse.
Pourtant, deux nuages subsistent en toile de fond : le bilan des Etats et la valorisation des marchés.
La France, le mauvais élève, mais pas un cas isolé
Le Premier ministre F. Bayrou a sonné la fin de la parenthèse estivale avec son coup d’éclat de lundi : les largesses budgétaires des dernières années conduisent le pays vers un mur de la dette qu’il sera difficile à esquiver.

Si la France se distingue par sa médiocrité sur le sujet, elle n’est pas la seule à vivre au-dessus de ses moyens.
A quelques rares exceptions (l’Allemagne notamment), c’est une situation assez généralisée parmi les pays développés.
Les populations vieillissent, la croissance ralentit et la lourdeur des systèmes empêche toute réforme ambitieuse.
Les Etats-Unis ne font pas exception : la grande loi fiscale américaine (Big Beautilful Act) est un formidable outil de relance, mélangeant baisse de taxes et réduction des régulations. Mais elle va également faire exploser les déficits.
Tant que les Etats parviennent à conserver la confiance des investisseurs pour financer leurs déficits à coups d’emprunts obligataires, cela fonctionne.
Mais c’est une ombre grandissante qu’il n’est pas possible de continuer à ignorer.
Des valorisations historiques
Le marché est cher. Indubitablement. En particulier les grandes capitalisations. Quelques chiffres, pour le marché américain :
1. Le ratio capitalisation boursière / PIB US (l’indicateur préféré de W. Buffett) est à un plus haut historique.

2. Le S&P 500 se traite à plus de 3,3x les ventes : un nouveau record.
3. Le ratio P/E, cours sur bénéfice, est au-dessus de 23x, pas un record, mais nous sommes dans les 2 % des cas les plus élevés de l’Histoire.
Conclusion
Le marché est cher, impossible de le nier.
Mais, comme le rappelle Howard Marks, le fondateur d’Oaktree Capital, « la survalorisation n’a jamais été un synonyme de « tout va s’effondrer bientôt » » et le marché peut rester irrationnel longtemps. Tant que les publications des résultats restent bonnes, le bal peut se poursuivre.
En revanche, il nous paraît de moins en moins pertinent de détenir le marché, sur ces niveaux, à travers une pure stratégie passive. La diversification reste clé: il faut s’exposer aux opportunités qui demeurent (les Small Caps européennes restent clairement sous-valorisées) et savoir profiter de celles qui vont inévitablement se créer à l’avenir.
Nous vous souhaitons une excellente rentrée et avons hâte de venir à votre rencontre vous présenter notre nouveau produit : Erasmus Dynamic Leaders 2030, un fonds fermé qui va combiner l’esprit du Private Equity avec la transparence et les valorisations attractives du coté !
Pour en savoir plus,cliquez ici !
Nous vous souhaitons d’excellentes vacances pour ceux qui ne les ont pas encore terminées !
