Les commentaires de nos équipes
Point Macro
Bilan des marchés 2025
Les marchés financiers internationaux enregistrent de solides progressions sur l’année 2025.

En revanche cette performance ne s’est pas faite de façon linéaire tant les sources de volatilité ont été nombreuses : guerre commerciale, tensions géopolitiques, shutdown aux Etats-Unis…
Cette belle performance des marchés américains est en revanche contrebalancée par le repli du dollar (-11,8% sur l’année face à l’euro) pour un investisseur européen.
La guerre commerciale menée par le président Trump a connu son apogée au mois d’avril 2025 ce qui a conduit à une volatilité extrême sur les marchés financiers. L’instauration de délais pour la mise en place des droits de douanes ainsi que l’annonce d’accords commerciaux bilatéraux avec les principaux partenaires des Etats-Unis ont par la suite rassuré les marchés.
La géopolitique : beaucoup de bruit pour rien ?
Sur le plan géopolitique l’année 2025 a également été chargée. Si un accord de cessez-le-feu a été obtenu dans la bande de Gaza, les nombreux pourparlers à propos d’une résolution du conflit entre la Russie et l’Ukraine n’ont pas abouti.
Après des décennies de sous-investissements et face à la menace d’un conflit, les pays membres de l’Union Européenne ont décidé d’augmenter considérablement les dépenses militaires. Ces investissements pourraient représenter jusqu’à 800 milliards d’euros à horizon 2030.
En fin d’année, le lancement d’exercices militaires d’ampleur par la Chine autour de Taiwan a ravivé les tensions déjà existantes en raison notamment d’une vente record d’armes des Etats-Unis à Taiwan ainsi que des propos de la première ministre japonaise évoquant une possible intervention militaire japonaise en cas d’invasion de l’île par la Chine.
L’Europe a la relance, le boulet français
Avec l’arrivée d’une nouvelle coalition CDU/CSU – SPD, l’Allemagne a annoncé un plan de relance historique visant à renforcer ses infrastructures et ses capacités de défense. Ce plan comprend 500 milliards d’euros d’investissement sur 12 ans pour moderniser les infrastructures et participer à la transition écologique.
Ces annonces devraient dynamiser l’économie européenne dans les prochaines années et notamment l’économie allemande.
Cet optimisme sur l’économie européenne est en revanche obscurci par la situation politique française. En effet, malgré plusieurs remaniements, le gouvernement n’est pas parvenu à doter le pays d’un budget pour 2026.
Les Banques Centrales en action
Dans ce contexte, la BCE a poursuivi son assouplissement monétaire en baissant à quatre reprises son taux directeur au premier semestre. Ce dernier s’élève désormais à 2% contre 3% fin 2024. Ce niveau est désormais jugé approprié par l’institution en raison notamment d’une économie européenne qui s’est révélée plus résistante que prévu malgré un environnement compliqué par la mise en place des droits de douane.
De son côté, la FED a moins assoupli sa politique que prévu en raison d’une économie plus résiliente qu’anticipée et d’une inflation persistante. L’institution a procédé à trois baisses de taux au deuxième semestre portant le taux directeur dans la fourchette 3,50-3,75% contre 4,25%-4,50% fin 2024.
A contrario, confrontée à une forte inflation aggravée par la chute du yen, la Banque centrale japonaise a réhaussé son taux directeur à deux reprises pour le porter à 0,75 % contre 0,25% fin 2024. Ce dernier n’a jamais été aussi élevé depuis 1995 !
Evolution des taux d’intérêt à 10 ans sur l’année 2025 en Europe, aux Etats-Unis et au Japon :

sources : Erasmus AM – Janvier 2026
Si le spread franco-allemand a baissé malgré l’instabilité politique française, la France est désormais le pays de la Zone Euro qui emprunte le plus cher à 10 ans.
Le marché obligataire ne déçoit pas
Dans un contexte porteur pour les places financières, les spreads de crédit se sont fortement resserrés sur l’année. L’indice Itraxx Xover (marché du High Yield) s’élève ainsi à 244 bps contre 313 bps fin 2024.
Cette évolution favorable des spreads de crédit combiné à un niveau de liquidité important chez les investisseurs explique le dynamisme du marché primaire obligataire. Les émetteurs ont eu accès à des conditions de financement attractives, avec une demande très forte de la part des investisseurs et des taux de sursouscription élevés sur tous les segments de marchés.
Pétrole et or, opposition de style
Le pétrole (Brent) a terminé l’année en forte baisse de -18,5% à 60,85$ le baril. Cette baisse s’explique notamment par des craintes sur la vigueur de la demande dans un contexte d’augmentation de l’offre de la part des pays membres de l’OPEP.
Dans ce contexte volatil et incertain, l’or a joué son rôle de valeur refuge et s’est envolé de +64,6% à 4319,4$ l’once.
Rendez-vous la semaine prochaine pour nos perspectives 2026 !
Aymeric LANG CFA & Michaël YATIME – Directeur de la gestion Erasmus AM