Les commentaires de nos équipes
Point Macro
Perspectives 2026
Vous retrouverez dans cet article, nos hypothèses relatives aux perspectives économiques 2026, présentées à travers 7 angles d’analyse couvrant les différents marchés.
- Les marchés actions (hypothèses 1 à 4)
- Les risques principaux (hypothèse 5)
- Les Banques Centrales (hypothèse 6)
- Les marchés obligations (hypothèse 7)
Hypothèse 1 : Des économies résilientes et une croissance des BPA soutenue

Source : JP Morgan Asset Management – Décembre 2025
La bonne résistance de la consommation aux Etats-Unis, qui est supposée être soutenue par les baisses d’impôts promises par Donald Trump, devrait continuer d’être un soutien à l’économie. Ainsi, le rythme de croissance de l’économie américaine devrait se maintenir à un rythme élevé 2026.
En Europe, les plans d’investissement décidés en 2025 devraient commencer à produire leurs effets ce qui est susceptible de dynamiser l’activité. Une amélioration du sentiment en Europe pourrait se traduire par une reprise de la consommation qui reste déprimée alors que le taux d’épargne est historiquement élevé.
Les bénéfices des sociétés cotées devraient croitre à un rythme soutenu de part et d’autre de l’Atlantique, ainsi que dans les pays émergents.
Hypothèse 2 : Des valorisations élevées, mais pas bullesques
Les niveaux de valorisations atteints fin 2025, même s’ils sont facialement élevés, ne font pas apparaitre de bulles selon nous. La valorisation élevée des marchés actions américains notamment est en partie justifiée par la forte dynamique de croissance des bénéfices des sociétés ainsi que par la supériorité technologique indiscutable actuellement.

Source : JP Morgan Asset Management – Novembre 2025
Par ailleurs, les fondamentaux restent solides partout dans le monde. Les sociétés cotées et les sociétés émettrices de dette ont dans l’ensemble des bilans sains.
De nombreuses opportunités d’investissement subsistent sur les marchés, tant la performance entre les zones géographiques, les secteurs et les tailles de capitalisations a divergé ces dernières années.
Hypothèse 3 : Allocation géographique : privilégier l’Europe et les pays émergents aux Etats-Unis
Nos allocations en ce début d’année font la part belle à l’Europe et aux pays émergents, au détriment des Etats-Unis.
Pourquoi ?
La croissance des bénéfices en Europe restera certes légèrement inférieure à celle attendue aux Etats-Unis (13% contre 15%) mais l’accélération par rapport à 2025 est impressionnante (+ 1 400 points de base). Encore, 2026 pourrait marquer la première année d’un nouveau cycle d’accélération des bénéfices en Europe après quatre années atones. Les marges actuelles (autour de 10%) sont au même niveau qu’en 2008 et conservent un potentiel de rattrapage important par rapport aux Etats-Unis (14%)

Source : JP Morgan Asset Management – Décembre 2025
Le plan de défense européen, le plan de relance allemand, la prise de conscience de la nécessité de protéger davantage ses acteurs et une éventuelle amélioration sur le front russo-ukrainien, sont autant d’éléments qui devraient soutenir l’activité et les marchés.
Nous abordons également 2025 avec une vue favorable sur les pays émergents compte tenu de la stabilisation du dollar et de l’accélération de la croissance (+18% attendu en 2026) avec des valorisations qui restent raisonnables.
L’Amérique Latine, dans le sillage de l’intervention américaine au Venezuela, pourrait également connaître une belle année.
Enfin, nous sous-pondérons les Etats-Unis, tout en gardant, bien sûr, une belle exposition. Même si nous restons très impressionnés par la croissance américaine, elle semble bien prise en compte par les marchés. En conséquence, il ne faudra aucune déception sur les publications des principaux acteurs de l’IA pour conserver un momentum aussi favorable. L’incertitude politique autour des élections de mi-mandat et la nomination d’un nouveau président de la Fed, pourrait également impacter (voir hypothèse 5).
Hypothèse 4 : Les Small Caps, l’IA et la souveraineté, tiercé gagnant ?
Quelles thématiques privilégier dans ce contexte ?
L’idée n’est pas de donner une liste à la Prévert mais de faire ressortir quelques poches qui nous paraissent intéressantes :
- Les Small Caps (notamment européennes)
Parmi leurs nombreuses particularités, les Small Caps sont davantage exposées à leur économie domestiques (2/3 du CA contre 1/3 pour les Large Caps).
Dans ce contexte, il est cohérent de surpondérer les Small Caps européennes, d’autant plus qu’elles continuent d’offrir, malgré leur bonne performance en 2025, des niveaux de valorisation toujours très intéressants non seulement par rapport aux Grandes Capitalisations, mais surtout par rapport à leur historique.

Source : JP Morgan Asset Management – Décembre 2025
- L’IA, toujours, mais différemment
La vague de l’IA continue à déferler sur l’économie mondiale. Cette vague a débuté en deux temps : l’apparition des modèles LLM (ChatGPT, Mistral, Grok, DeepSeek etc…) et la construction de méga datacenters par les hyperscalers (Google, Microsoft, Meta…). Cette vague a surtout bénéficié aux vendeurs d’infrastructure (Nvidia, Oracle…).
Nous n’écartons pas la possibilité que cette vague se poursuive quelques temps, et considérons que certains acteurs comme Nvidia ou Alphabet, par exemple, continuent d’être des idées intéressantes.
Mais les opportunités vont davantage être concentrées dans deux sous-thématiques :
- L’IA applicative : nous pensons aux acteurs qui vont être capables d’intégrer et déployer les capacités de l’IA dans le but de développer des applications qui changent drastiquement leur marché adressable.
- Les « faux perdants de l’IA » : Beaucoup de sociétés qui ont été pénalisées par le marché en 2025, convaincu (à tort ?) que l’IA allait bouleverser leur business model et donc leur pérennité (Adobe, Wolters Kluwer, Publicis, Salesforce, Paypal, Accenture…). Nous sommes convaincus que de très belles opportunités résident parmi ces « perdants ».
- La souveraineté
La démondialisation a débuté, et cette tendance est partie pour durer. Il y a, à notre sens, plusieurs façons de s’exposer à ce thème qui sera clé au cours des prochaines années :
- Les infrastructures et l’énergie: La qualité et l’efficacité des infrastructures sera clé (réseaux électriques, production, stockage…). L’IA consomme beaucoup, mais plus largement l’indépendance énergétique est un sujet essentiel dans ce contexte.
- La sécurité: Bien évidemment, les sociétés exposées aux dépenses militaires croissantes vont continuer à avoir le vent dans le dos. Mais il conviendra de surveiller pour chacune d’entre-elles les niveaux de valorisation. La cyber sécurité reste également pour nous un secteur porteur et conserve un potentiel intéressant.
Hypothèse 5 : Les risques géopolitiques et politiques doivent être surveillés de près
La géopolitique restera un point d’attention pour l’année prochaine, ayant comme défi majeur la résolution du conflit Russie-Ukraine et la situation à Taïwan.
Coté politique, l’adoption du budget américain, attendue le 30 janvier, pourrait également faire planer le risque d’un nouveau « shutdown » en 2026. Le remplacement de Jérôme Powell à la tête de la Fed risque également d’être source de volatilité si les marchés estiment que l’indépendance de cette dernière est compromise. Enfin, les élections de mi-mandat en fin d’année seront clées.
Hypothèse 6 : Les Banques Centrales ont déjà fait le gros du travail
Du côté des banques centrales, la FED prévoit une baisse des taux en 2026 alors que le consensus est plus optimiste. La normalisation de l’inflation demeurera la clé pour l’évolution de la politique monétaire américaines.
Du côté de l’Europe, nous estimons que la BCE n’ajustera pas sa politique monétaire.
L’endettement croissant des Etats, ainsi que les déficits publics élevés, devraient structurellement peser sur l’évolution des taux longs. Ceci nous amène à adopter une stratégie obligataire avec une duration relativement courte, même si la courbe des taux s’est fortement pentifiée en Europe en 2025.
Hypothèse 7 : Il faudra être sélectif sur le marché obligataire
En raison des niveaux de valorisation sur les marchés du crédit, nous privilégions une approche sélective des émetteurs. Selon nous, les spreads actuels ne rémunèrent pas toujours le risque, en particulier sur le segment High Yield, qui nous paraît relativement cher.
Le taux de défaut attendu par les agences de notation devrait rester contenu dans la mesure où de nombreux émetteurs se sont déjà refinancés et ne font pas face à d’importantes d’échéances à court terme.
Sur ce marché, nous privilégions les segments sur lesquels il reste selon nous de la valeur comme :
- Les obligations subordonnées du secteur bancaire avec un faible risque de crédit, en raison du niveau de solvabilité très élevé et de la forte rentabilité des banques
- Les obligations hybrides corporates, émises par des émetteurs solides avec des échéances de premier call relativement courtes (Accor, Veolia, Total, Volkswagen…)
- Certaines obligations de notation High Yield de maturité courte qui ont déjà été refinancées par les émetteurs
Des offres de rappel anticipé demeurent également possibles, notamment en raison des conditions favorables de financement pour les émetteurs, ce qui pourrait avoir un impact positif sur les portefeuilles.
Synthèse de nos convictions

Aymeric LANG, CFA – Directeur de la gestion – Erasmus AM
Michaël YATIME, Gérant Multi-asset – Erasmus AM